Québec corrigera sa réforme des congés parentaux

Le ministre du Travail, Jean Boulet, s’est engagé mardi à respecter la promesse faite aux parents adoptants durant la campagne électorale.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre du Travail, Jean Boulet, s’est engagé mardi à respecter la promesse faite aux parents adoptants durant la campagne électorale.

Tous les nouveaux parents du Québec — qu’ils soient parents biologiques ou qu’ils aient adopté un petit, ici ou à l’international — auront finalement droit au même nombre de semaines de congé parental et au « même niveau de compensation » financière, a annoncé mardi le ministre du Travail, Jean Boulet.

La grogne suscitée par la réforme du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) qu’il a déposée jeudi dernier a été telle que le ministre a rajusté le tir.

« Pour moi, c’est extrêmement important de respecter l’engagement de la CAQ, qui est une égalité de traitement entre les parents biologiques et les parents adoptants », a-t-il déclaré aux médias.

« On va trouver un autre moyen, à l’extérieur du RQAP, de donner aux parents adoptifs le même nombre de semaines qu’aux parents biologiques », a aussi confirmé le premier ministre François Legault.

Quelques instants plus tard, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une motion du Parti québécois visant à reconnaître « l’iniquité du Régime québécois d’assurance parentale envers les parents adoptants » et à réclamer « l’augmentation du nombre de semaines de prestations pour les familles adoptantes », afin qu’elles soient équivalentes à celles accordées aux familles biologiques.

« Ce qu’on vient de vivre […], c’est une reconnaissance de l’iniquité de traitement, et [du fait] que nos enfants ont le droit d’être traités comme tous les enfants au Québec. Actuellement, ce sont les seuls qui n’ont pas le droit à un an de présence [parentale] et ça, on veut que ce soit terminé », a déclaré Anne-Marie Morel, de la Fédération des parents adoptants (FPAQ), à sa sortie des tribunes du Parlement, d’où elle a observé l’adoption de la motion.

Un « pas en avant »

La volte-face du ministre Boulet constitue un « pas en avant », a dit la députée péquiste Véronique Hivon. Elle a néanmoins réclamé « des clarifications pour que ce soit limpide ». L’élue de Joliette a souligné l’importance d’aménager le régime pour les parents adoptants à l’intérieur du RQAP. « On n’a pas envie d’avoir en parallèle un autre système qui n’aurait pas la même solidité, les mêmes assises. Et pourquoi on ferait compliqué quand on peut faire simple ? » a-t-elle demandé.

L’élu solidaire Alexandre Leduc a lui aussi demandé davantage de précisions au ministre. « Par quel chemin va-t-il finalement remplir la promesse que la CAQ avait faite aux élections de 2018 ? La question demeure entière », a-t-il déclaré.

De « l’injustice »

La semaine dernière, le ministre Boulet a exprimé ses réticences à uniformiser le RQAP pour tous les parents, évoquant des risques de poursuites.

Il a en outre évoqué les « effets physiologiques que les parents adoptants n’ont pas à gérer » pour justifier les différences entre les congés des parents adoptants et les congés de ceux qui accueillent un enfant biologique.

Ces derniers bénéficient actuellement de 55 semaines de congé au total, c’est-à-dire 32 semaines de congé parental, en plus de 18 semaines exclusivement pour la mère et de 5 semaines pour le père. Dans le cas d’une adoption, le congé dans son ensemble est de 37 semaines.

Le projet de loi du ministre Boulet, comme il a été déposé la semaine dernière, prévoyait l’ajout de cinq semaines de prestations pour les parents adoptants au Québec et de dix semaines pour ceux qui adoptent à l’international.