GCM: François Legault réplique à la lettre de Pierre Karl Péladeau

«Tout ce qu’a dit M. Fitzgibbon, c’est qu’il y avait une apparence de conflit d’intérêts, point final, a répété M. Legault. Il n’y a rien pour s’excuser.»
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Tout ce qu’a dit M. Fitzgibbon, c’est qu’il y avait une apparence de conflit d’intérêts, point final, a répété M. Legault. Il n’y a rien pour s’excuser.»

Les propos du ministre Pierre Fitzgibbon sur la dirigeante de Québecor Sylvie Lalande n’ont rien à voir avec son genre, a affirmé le premier ministre François Legault en mêlée de presse vendredi. Il répondait à une lettre que lui a adressé le président de l’empire médiatique, Pierre Karl Péladeau, qui accuse M. Fitzgibbon d’avoir tenu des propos rétrogrades à l’endroit de cette dernière.

« Tout ce qu’a dit M. Fitzgibbon, c’est qu’il y avait une apparence de conflit d’intérêts, point final, a répété M. Legault. Il n’y a rien pour s’excuser. »

Dans sa lettre publiée sur Twitter, M. Péladeau écrit que le ministre Fitzgibbon s’est attaqué « à l’intégrité d’une femme de grande expérience qui a consacré sa vie à défendre le rôle des femmes dans le milieu économique au sein des entreprises et des conseils d’administration. » Il défend ensuite le travail de Sylvie Lalande qui « assume avec rigueur et discipline la présidence du conseil d’administration de TVA » depuis plus de cinq ans.

Le président et chef de la direction de Québecor a dirigé le Parti québécois durant près d’un an en 2015 et 2016.

« Le Québec devrait promouvoir l’avancement des femmes dans tous les domaines et particulièrement dans le monde des affaires, ajoute-t-il. Votre ministre nous ramène en arrière par ses déclarations intempestives faites sans réflexion et pleines de préjugés. »

« J’ai demandé à Martin Koskinen mon chef de cabinet de parler à M. Péladeau, puis lui dire d’abord [que] ça n’a rien à voir avec le fait que ça soit un homme ou une femme », a indiqué M. Legault.

« Ça m’est complètement indifférent », a réagi, pour sa part, M. Fitzgibbon sur les ondes de TVA vendredi après-midi.

Le premier ministre avait dû se porter à la défense de son ministre de l’Économie jeudi, alors qu’il avait évité de prendre position la veille. À son avis, M. Fitzgibbon n’avait pas tort de soulever les multiples rôles de direction qu’occupe Mme Lalande au Groupe TVA, à Québecor et au conseil d’administration du fonds Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD).

Mme Lalande a mis M. Fitzgibbon en demeure mercredi, mais le ministre a refusé de se rétracter. Elle lui reproche de lui avoir « causé un tort inqualifiable » en insinuant « que les administrateurs du CRCD […] auraient pris part » à la décision concernant GCM et en suggérant « qu’elle pourrait être en conflit d’intérêts ».

Or, l’avocat de Mme Lalande et Desjardins Capital ont indiqué que ni elle, ni aucun administrateur de CRCD n’avaient pris part à la décision initiale d’écarter tout investissement dans la relance de GCM.

Desjardins Capital s’est dit prêt mercredi à revoir sa décision. Une rencontre avec la coopérative d’employés prête à racheter les six journaux régionaux est prévue la semaine prochaine.