Groupe Capitales Médias: Legault menace de retirer à Desjardins certains avantages

Grâce aux versements d’Investissement Québec totalisant 2,5 millions sur ces neuf semaines, le groupe a vu son encaisse augmenter de près de 450 000$.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Grâce aux versements d’Investissement Québec totalisant 2,5 millions sur ces neuf semaines, le groupe a vu son encaisse augmenter de près de 450 000$.

Desjardins Capital ne doit pas oublier qu’il reçoit « une partie de l’argent des Québécois » en crédit d’impôt « pour prendre plus de risque », a rappelé le premier ministre, François Legault, jeudi, en laissant planer la menace de réviser ces crédits si la coopérative n’investit pas dans la relance de Groupe Capitales Médias, actuellement en faillite. Il s’agit d’un projet « qui peut être rentable », selon lui.

« Le Fonds de solidarité et Desjardins Capital de risque ont des crédits d’impôt parce qu’on leur demande de prendre plus de risques qu’une banque, a-t-il souligné en mêlée de presse. Est-ce qu’ils investissent tout cet argent-là et est-ce qu’ils prennent tous les risques qu’ils devraient prendre ? C’est des programmes qu’il faut toujours réexaminer. »

M. Legault a encore une fois incité Desjardins à réévaluer sa participation dans la reprise des six journaux de GCM par la coopérative d’employés. « [Si] Desjardins n’embarque pas, est-ce que le Fonds de solidarité va embarquer ? Puis, si les deux n’embarquent pas, il arrive quoi avec les journaux ? »

Fitzgibbon et Lalande

M. Legault s’est aussi porté à la défense du ministre Pierre Fitzgibbon dans le conflit qui l’oppose à la dirigeante de Québecor Sylvie Lalande, alors qu’il avait évité de prendre position la veille.

À son avis, M. Fitzgibbon n’avait pas tort de soulever les multiples rôles de direction qu’occupe Mme Lalande au Groupe TVA, à Québecor et au conseil d’administration du fonds Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD). « Non, je pense que ce qu’il a dit, c’est qu’il y avait une apparence de conflit d’intérêts, a-t-il dit. C’est factuel. »

Le Fonds de solidarité et Desjardins Capital de risque ont des crédits d’impôt parce qu’on leur demande de prendre plus de risques qu’une banque

Mme Lalande a mis M. Fitzgibbon en demeure mercredi, mais le ministre a refusé de se rétracter. Elle lui reproche de lui avoir « causé un tort inqualifiable » en insinuant « que les administrateurs du CRCD […] auraient pris part » à la décision concernant GCM et en suggérant « qu’elle pourrait être en conflit d’intérêts ».

Or, l’avocat de Mme Lalande et Desjardins Capital ont indiqué que ni elle, ni aucun administrateur de CRCD n’avaient pris part à la décision initiale d’écarter tout investissement dans la relance de GCM. Au moment où ces lignes étaient écrites, le ministre n’avait pas reçu d’avis confirmant la poursuite.

Des documents rendus publics

Le rapport du syndic sur l’état des finances des six journaux, daté du 19 novembre, a par ailleurs été rendu public par PricewaterhouseCoopers cette semaine. Comme le rapportait Le Devoir le 21 novembre, on y prévoit que le groupe de presse arrive à court de liquidités au début de mois de janvier.

On trouve également dans le rapport le suivi des recettes et des dépenses pour la période allant du 9 septembre au 10 novembre. Grâce aux versements d’Investissement Québec totalisant 2,5 millions sur ces neuf semaines, le groupe a vu son encaisse augmenter de près de 450 000 $.

Une économie de 11 % par rapport aux dépenses projetées s’inscrit à la ligne des salaires et des avantages sociaux. Dans son rapport, le syndic note que « l’écart favorable est relié à une utilisation moins élevée des employés à temps partiel et aux départs de certains employés ».