Pascal Bérubé dit ses quatre vérités à l’Alberta

Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé

Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, dit ses quatre vérités à l’Alberta, dans une lettre ouverte publiée dans le Calgary Herald jeudi. En échange, il a reçu une volée de bois verts.

Le leader du mouvement séparatiste Wexit Canada, Peter Downing, s’est empressé de dire qu’il ne pouvait « attendre pour [se] séparer de cette province-providence raciste ingrate connue sous le nom de Québec ».

Dans sa missive, Pascal Bérubé s’affaire à démontrer que l’assertion selon laquelle « le Québec vit aux crochets des taxes payées par les Albertains » est « tout simplement fausse ».

 

 

L’élu indépendantiste québécois regrette de voir des politiciens de l’Ouest, y compris le premier ministre Jason Kenney, prétendre sur toutes les tribunes que les Albertains assument les coûts des programmes sociaux des Québécois ― le réseau de centres de la petite enfance (CPE) par exemple ―, et ce, par le biais du programme fédéral de péréquation. « Les paiements de péréquation sont calculés en fonction de la capacité d’une province à générer des revenus fiscaux. L’Alberta pourrait générer d’énormes revenus fiscaux et choisit de ne pas le faire. C’est son propre choix qui est légitime, quoique mal avisé », explique-t-il, avant d’ajouter : « Les Albertains doivent comprendre que leurs leaders les ont laissés tomber ».

M. Bérubé invite les Albertains désireux de résorber leur déficit de 8 milliards à réviser leur politique fiscale ― « [le] taux d’imposition faible, qui a même déjà été fixe, l’absence de taxe de vente et [les] « Ralph bucks »» ― plutôt qu’à casser du sucre sur le dos du Québec. « Pendant longtemps, la mauvaise gestion financière de l’Alberta a été camouflée par les prix élevés du pétrole », souligne-t-il à gros traits.

La lettre n’a pas laissé les lecteurs du Calgary Herald indifférents. « Le Canada est sérieusement brisé et ne peut jamais être réparé tant que le Québec reste au sein du Canada », écrit Glenn Taylor, tout en précisant que le territoire de l’Ungava demeurera au sein du Canada si le Québec fait l’indépendance. « Je déteste maintenant les français à juste titre. [Ce sont des] personnes dégoûtantes », a ajouté Stefan Comyn, avant de faire rappeler à l’ordre par une autre lectrice.

Cela dit, Pascal Bérubé ne fait pas l’unanimité contre lui. « La chose est, il n’a pas tort », écrit Mark Houston. Un autre lecteur, Christopher Boak, ne trouve pas folle l’idée d’instaurer une taxe de vente albertaine « de 10 % pour réduire le déficit ».