Danielle McCann a un plan… secret

La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, refuse de rendre public son plan d’action pour contrer la pénurie de préposés aux bénéficiaires.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, refuse de rendre public son plan d’action pour contrer la pénurie de préposés aux bénéficiaires.

Au lendemain de la diffusion de statistiques modestes sur les embauches en santé, la ministre Danielle McCann refuse de rendre public son plan d’action pour contrer la pénurie de préposés aux bénéficiaires.

Pour la députée libérale Monique Sauvé, des actions rapides s’imposent. « Qu’est-ce que ça prend pour que le gouvernement […] en fasse sa priorité ? » s’insurge-t-elle. « Quand bien même on annoncerait de très belles images des maisons des aînés, on n’est pas en train de régler la crise des préposés », poursuit la porte-parole libérale dans le dossier des aînés.

« La seule mesure concrète qu’ils ont annoncée, c’est les bourses et, vous le savez : on n’atteint même pas l’objectif de l’année. »

Jeudi, Le Devoir révélait que sur les 4565 postes équivalant à du temps complet qui se sont ajoutés dans le réseau cette année, seulement 350 concernaient des préposés aux bénéficiaires (PAB). Or, le gouvernement révélait au printemps qu’il allait devoir en embaucher 33 036 d’ici cinq ans pour répondre aux besoins des Québécois.

La veille, on apprenait en outre que le programme de bourse créé par le gouvernement connaissait un succès tiède, avec seulement 645 bourses octroyées sur les 2000 offertes.

Cet automne, la députée a tenté d’amener les deux ministres responsables du dossier — Danielle McCann et Marguerite Blais — à déposer au Parlement leur plan d’action pour régler le problème, sans succès.

Mme Sauvé a alors entrepris d’obtenir ce plan par l’entremise de la loi sur l’accès à l’information. Une réponse est venue, mais le plan d’action qu’on lui a remis tenait en une page. On y résumait dans un tableau sommaire les « actions menées en lien avec l’attraction et la fidélisation des préposés aux bénéficiaires », telles les campagnes de promotion des métiers, la participation du ministère à des salons, des vigies du placement des stagiaires et l’évaluation des bassins potentiels de main-d’oeuvre.

« J’en ai vu beaucoup des stratégies gouvernementales, des plans d’action […] là, j’ai ce napperon-là qui tient sur une feuille huit et demi par onze. Il n’y a pas d’indicateurs, c’est excessivement mou. On ne peut pas évaluer ça. Il n’y a pas de liens avec l’éducation […] et surtout aucun mot qui touche les conditions de travail des préposés », a déploré la députée de Fabre.

Interpellé par Le Devoir, le cabinet de la ministre McCann a fait valoir qu’il avait en main un véritable plan d’action, plus volumineux. Ce plan d’action a fait l’objet d’une présentation au Conseil du trésor, mais le cabinet dit ne pas vouloir le rendre public.