Fitzgibbon demande à Desjardins d’aider au sauvetage de GCM

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a invité Desjardins mardi à reconsidérer sa décision de ne pas investir dans la coopérative d’employés qui doit reprendre Groupes Capitales Médias (GCM), actuellement en faillite.

« Le montage financier [du projet de coopérative], avec Desjardins qui est débarqué, est présentement chambranlant. On ne sait pas ce qui va arriver », a reconnu le ministre.

M. Fitzgibbon aurait aimé que Desjardins « s’assoie » avec la direction de GCM et la coopérative d’employés avant de choisir de ne pas participer au plan de 15 millions présenté par cette dernière.

« Le modèle est-il parfait ? Probablement pas. Mais travaillons avec ce qu’on a. Il n’y a pas un meilleur organisme au Québec que la coopérative d’employés pour reprendre en mains cette business-là », a lancé M. Fitzgibbon.

Les travailleurs et les créanciers de GCM ont jusqu’au 18 décembre pour accepter les conditions de la transformation des six quotidiens régionaux en coopérative. Ils doivent aussi mettre la main sur le financement nécessaire à cette transformation avant cette date.

Or, le désistement de Desjardins a fragilisé le montage financier. Sa décision a amené un second investisseur potentiel, le Fonds de solidarité FTQ, à réévaluer sa participation.

Desjardins a rappelé mardi que le plan d’affaires qui lui avait été présenté comportait un niveau de risque « supérieur à ce que Desjardins est prêt à prendre » — au point que l’institution n’a pas présenté l’offre de la coopérative au conseil d’administration de son bras financier, qui s’appelle Capital régional et coopératif Desjardins.

« Notre décision de ne pas participer au montage financier était principalement basée sur des éléments non financiers », a aussi fait savoir la porte-parole Chantal Corbeil, sans donner davantage d’explications.

Or, « peut-être qu’il y a des risques qui peuvent être atténués, si on discute avec les gens concernés », a suggéré le ministre de l’Économie.

Il a répété qu’il trouvait « paradoxal » qu’un mouvement coopératif comme Desjardins n’investisse pas dans le plan de reprise de GCM. « J’étais surpris », a-t-il admis.

Desjardins a de nouveau rappelé qu’il serait « ouvert » à participer « à une initiative provenant de l’État [et] à laquelle le privé, dont Desjardins, pourrait participer, comme la création d’un fonds ».

M. Fitzgibbon s’est encore montré surpris par cette suggestion.

« [Le président de Desjardins, Guy Cormier] m’a mentionné aussi qu’il aimerait qu’il y ait un fonds dédié. J’ai dit OK, mais lui, il investit dans Le Devoir directement, à ce que je sache », a-t-il souligné.