Sylvain Gaudreault se lance dans la course à la direction du PQ

Sylvain Gaudreault a confirmé lundi sa candidature à la direction du Parti québécois. Le député de Jonquière était accompagné d’actuels et d’anciens élus.
Photo: Mariane L. St-Gelais, «Le Quotidien» Sylvain Gaudreault a confirmé lundi sa candidature à la direction du Parti québécois. Le député de Jonquière était accompagné d’actuels et d’anciens élus.

Le Parti québécois (PQ) adoptera-t-il la « méthode Gaudreault » ? C’est ce que propose le député Sylvain Gaudreault, qui est devenu le premier candidat à se lancer dans la course à la direction lundi. Il met la lutte contre les changements climatiques au coeur de sa campagne et veut faire une priorité de la lutte contre les inégalités sociales, mais évite de se prononcer au sujet d’un éventuel référendum sur la souveraineté du Québec.

« Si c’était rien que de moi, on aurait le pays demain matin, mais ce n’est pas la situation dans l’ensemble de la population, a-t-il dit en entrevue au Devoir. Alors, moi, je prends acte d’où on est présentement dans l’opinion publique en termes d’appuis à l’option de l’indépendance et avant de parler de date de tenue de référendum, il faut qu’on fasse augmenter le nombre d’adhérents. »

Il propose de mettre en oeuvre la méthode qui l’a bien servi dans sa circonscription au cours des 12 dernières années en créant « une relation de proximité » avec les gens. Les associations de comtés auraient ainsi leur propre plan d’action « pour parler d’indépendance » à des groupes communautaires, d’étudiants ou d’aînés. « L’autre chose aussi, c’est de l’incarner dans nos discours, c’est de faire ressortir les avantages d’avoir un pays, par exemple, pour taxer les GAFAM [Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft] et autres Netflix de ce monde », a-t-il ajouté.

Sylvain Gaudreault a fait l’annonce de sa candidature au coeur de sa circonscription, dans un café-théâtre de Jonquière, entouré des députés Méganne Perry Mélançon et Joël Arseneau. Les ex-ministres Guy Chevrette, Jeanne Blackburn, Marc-André Bédard et l’ex-député Francis Dufour étaient également présents, tout comme le nouveau député bloquiste Mario Simard.

Un Québec vert

Dans son discours, M. Gaudreault a rappelé s’être procuré sa carte de membre du PQ durant sa première année de cégep, il y a 32 ans. Son ambition ? Faire du Québec le « premier pays vert à entrer à l’ONU ». « Les solutions à la crise climatiques existent, a-t-il déclaré. Le Québec les connaît. Le Québec a l’ambition d’être un pays exemplaire. » Il propose une transition énergétique « juste » pour les travailleurs des secteurs touchés « pour qu’il n’y ait pas de perdants ».

Il a également dénoncé la stagnation du revenu de la classe moyenne. « Certains appellent ça un discours de gauche, moi je pense que c’est un discours qui s’occupe du monde et qui va dans les vrais problèmes et, ça, ça préoccupe beaucoup les gens de la classe moyenne qui vivent dans le 450, par exemple, mais qui ne s’identifient pas eux-mêmes à gauche », a-t-il affirmé en entrevue.

Ex-ministre des Transports et des Affaires municipales dans le gouvernement de Pauline Marois, Sylvain Gaudreault a également été chef intérimaire du PQ après la démission-surprise de Pierre Karl Péladeau en 2016. Les militants avaient par la suite choisi Jean-François Lisée pour diriger le parti qui avait encaissé la pire défaite de son histoire deux ans plus tard, passant de 28 à 10 députés. M. Lisée proposait alors de reporter un éventuel référendum sur la souveraineté à l’élection de 2022. Le départ de Catherine Fournier, qui siège désormais comme indépendante, a fait tomber ce nombre à 9, reléguant le PQ au rang de troisième groupe d’opposition derrière Québec solidaire. Il y a quelques semaines, le PQ mettait fin à l’ambiguïté qui l’avait caractérisé au cours des dernières années en recentrant son action autour de l’indépendance lors de son congrès de refondation à Trois-Rivières.

Deux autres personnes se sont montrées intéressées par la direction du PQ, soit l’avocat Paul St-Pierre Plamondon et l’historien Frédéric Bastien. Ils ont indiqué au Devoir être toujours en réflexion. Une troisième candidature s’ajoutera-t-elle ? L’humoriste Guy Nantel avait récemment laissé entendre qu’il serait intéressé par la course lors d’une entrevue à l’émission Salut bonjour sur les ondes de TVA. « Ce n’était pas une blague », a indiqué son attachée de presse, Kristina Bédard, au Devoir en ajoutant qu’il n’y avait pas encore réfléchi, mais qu’il allait le faire. L’humoriste doit toutefois entamer mercredi une tournée qui le mènera aux quatre coins du Québec jusqu’en juin, ce qui lui laisserait peu de temps pour préparer sa candidature. Les règles et le calendrier de la course devraient être connus au début du mois de février.