Les tribunaux jugeront la loi 21, dit Dominique Anglade

L’ex-ministre libérale Dominique Anglade a lancé sa campagne à la direction au PLQ, vendredi, à Montréal, entourée de sa famille.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ex-ministre libérale Dominique Anglade a lancé sa campagne à la direction au PLQ, vendredi, à Montréal, entourée de sa famille.

Si Dominique Anglade est élue cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ) et qu’elle devient première ministre, elle laissera mourir la disposition de dérogation qui protège actuellement la loi 21 sur la laïcité. Et si les tribunaux invalident celle-ci ? Mme Anglade verra.

« La clause dérogatoire ne sera pas renouvelée » au terme des cinq ans prévus, a indiqué au Devoir Dominique Anglade vendredi, peu après avoir lancé officiellement sa campagne au leadership (elle avait confirmé cet été qu’elle y participerait).

« La loi doit passer le test des tribunaux, c’est la démocratie », a-t-elle dit.

« Qu’on soit clair : tout le monde ici est en faveur de la laïcité. Il n’y a personne qui discute la notion de laïcité. Par contre […], je ne vois pas comment le Parti libéral pourrait renouveler une clause nonobstant qui fait en sorte qu’une loi ne passe pas le test des tribunaux », avait-elle expliqué plus tôt devant ses partisans.

Malgré le fait qu’elle soit théoriquement protégée par la disposition de dérogation, la loi 21 fait déjà l’objet de deux poursuites judiciaires.

Dominique Anglade refuse toutefois de dire ce qu’elle ferait d’une éventuelle décision qui invaliderait en tout ou en partie la Loi sur la laïcité qui a été adoptée en juin. « Le temps nous dira [ce que les tribunaux décideront]. »

Son équipe et elle ne veulent pas « commenter les hypothèses » dans l’attente.

La députée de Saint-Henri–Sainte-Anne était plus enthousiaste à parler des grandes orientations de son programme de campagne, qui « seront définies avec les militants » dans un deuxième temps.

« Le défi du Parti libéral, c’est de revenir à son ADN, qui a toujours été d’être un parti de bâtisseurs, avec de grands projets de société », dit-elle.

Entourée des 11 députés du caucus qui l’appuient et qui portaient des t-shirts affichant le slogan « Bâtir demain », l’ancienne ministre de l’Économie a présenté un plan en cinq points. Celui-ci prévoit notamment l’adoption d’une « Charte des régions », qui « sera un guide par rapport au développement de toutes les régions et qui intégrera les particularités de chacune d’elles ».

Cet élément de son programme s’inscrit dans le contexte où les libéraux ont été essentiellement rayés de la carte politique québécoise en dehors de l’île de Montréal lors des élections d’octobre 2018. La candidate a également parlé de « renforcer le rôle du français comme langue d’appartenance commune », cela, dans un contexte où les appuis des libéraux chez les francophones sont dans un creux historique.

Mme Anglade propose autrement un « nouveau pacte économique pour le climat », qui ferait de l’environnement un « levier de développement économique ». Sa plateforme parle d’une loi sur le climat pour atteindre la carboneutralité, ou encore de soutenir la transition vers une agriculture locale sobre en carbone. Le tout demeurant à détailler.

La candidate a aussi évoqué durant son lancement la nécessité pour le PLQ « de reconnecter avec les Québécois », mais aussi avec ses propres militants. « On n’a pas su être suffisamment à l’écoute » dans les dernières années, a-t-elle dit.

Conseil général

La course à la chefferie du PLQ sera officiellement lancée ce samedi à Sherbrooke, dans le cadre du conseil général du parti.

Le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, doit « faire le point » en matinée sur les rumeurs entourant sa participation à la course. Il profite déjà de l’appui des députés Stéphane Billette, Marwah Rizqy et Lise Thériault.

Les militants libéraux débattront entre autres dimanche d’une proposition soutenant l’instauration d’un mode de scrutin proportionnel ; un contrepoids au projet de scrutin proportionnel mixte compensatoire que prône la Coalition avenir Québec.

Avec Marie-Michèle Sioui et La Presse canadienne