La réfection des écoles tarde à se réaliser

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, peinera à atteindre les cibles gouvernementales d’amélioration de l’état des écoles primaires et secondaires, est d’avis la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc.

« Des besoins d’ajout d’espace ne sont pas comblés en temps opportun en raison d’une détermination inadéquate des besoins et de problèmes dans la planification et la réalisation des projets », déplore-t-elle dans un rapport déposé à l’Assemblée nationale mercredi. « En plus d’être insuffisantes, les sommes consenties au fil des ans n’ont pas toutes été utilisées par les commissions scolaires », ajoute-t-elle.

Le déficit de maintien d’actifs des bâtiments scolaires s’élève à près de 4,5 milliards de dollars. En janvier 2019, 54 % des bâtiments de l’ensemble des commissions scolaires étaient considérés comme en mauvais ou en très mauvais état, selon l’indice d’état gouvernemental.

Or, le Plan stratégique 2017-2022 du ministère de l’Éducation prévoit que 85 % des bâtiments scolaires seront dans un état satisfaisant en 2021-2022. « Les cibles d’amélioration fixées par le ministère seront difficiles à atteindre », estime la vérificatrice générale. Le rapport est « très sévère » à l’égard des précédents gouvernements, a fait valoir le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

De l’argent et un guide

Les commissions scolaires ont désormais en main les sommes nécessaires afin de procéder à des travaux ainsi qu’un nouveau guide de planification immobilière, a-t-il souligné. « [Le guide] permet de construire des écoles innovantes qui tiennent compte de tous les concours d’architecture, mais sans les délais », a-t-il soutenu.

M. Roberge a aussi commandé à la Commission scolaire de Montréal de lancer les travaux d’agrandissement à l’école secondaire Sophie-Barat sans tarder. « Depuis juin 2018, ils ont 14,5 millions de dollars dans le compte de banque. [Pourtant, ils] ont des élèves qui mangent dans le corridor », a-t-il déploré dans une mêlée de presse. « C’est pas compliqué, il faut l’agrandir l’école. […] C’est scandaleux. »

Les « défis demeurent importants » malgré une hausse importante des investissements prévus dans le Plan québécois des infrastructures 2019-2029, estime la vérificatrice générale. Elle s’inquiète du faible taux de réalisation des projets de construction, mais aussi des indices de surchauffe dans le marché de la construction, de la baisse du nombre de soumissions reçues par appel d’offres et de la hausse des exigences pour la construction d’écoles primaires.