Inondations: des règles uniformisées proposées pour la couronne nord de Montréal

Des travaux ont été autorisés pour consolider et rehausser les digues de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Pointe-Calumet et Deux-Montagnes.
Photo: Guillaume Levasseur Archives Le Devoir Des travaux ont été autorisés pour consolider et rehausser les digues de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Pointe-Calumet et Deux-Montagnes.

Des citoyens des municipalités de Pointe-Calumet et de Deux-Montagnes, dans les Laurentides, pourraient avoir la possibilité de reconstruire leurs bâtiments inondés le printemps dernier, à certaines conditions, comme c’est le cas de ceux de Sainte-Marthe-sur-le-Lac qui bénéficie d’un régime d’exception.

Cette proposition du gouvernement du Québec est contenue dans un projet de décret qui a été publié ce lundi.

Il vise à uniformiser les règles en vigueur dans la région : ces trois municipalités sont contiguës, et sont toutes trois protégées par des digues. Toutefois, seule celle de Sainte-Marthe-sur-le-Lac a cédé lors des inondations printanières de 2019.

Après cette dernière montée des eaux, le gouvernement du Québec avait mis en vigueur une « zone d’intervention spéciale » (ZIS) visant les secteurs à risque d’inondation. Dans cette zone, il est interdit de construire des bâtiments et de reconstruire ceux détruits par les eaux. Leur réparation est possible si les dommages sont inférieurs à 50 % de la valeur du bâtiment. La ZIS s’applique sur l’ensemble des zones inondables à une fréquence dite de « 0-20 ans » et sur le territoire inondé lors des crues printanières de 2017 et de 2019.

Le printemps dernier, le premier ministre François Legault avait mentionné qu’il fallait agir afin d’éviter que les contribuables québécois aient à payer la note chaque printemps.

Bien que durement touchée ce printemps, Sainte-Marthe-sur-le-Lac avait été exemptée de certaines interdictions de la ZIS, parce que les dommages causés par l’eau étaient dus à la rupture d’une digue, avait alors précisé le gouvernement du Québec.

Comme elle, les municipalités de Pointe-Calumet et de Deux-Montagnes pourraient avoir un régime différent qui inclut la reconstruction possible d’un bâtiment inondé et la possible construction de nouveaux bâtiments sur un terrain devenu vague après le 1er avril 2019. Aucune mesure d’immunisation de ces bâtiments ne serait requise, comme l’utilisation de matériaux spéciaux perméables et le rehaussement des entrées des maisons.

Ces changements, si mis en vigueur, bénéficieraient aux propriétaires d’environ 150 bâtiments à Deux-Montagnes et à quelque 2400 à Pointe-Calumet.

Les dispositions générales de la ZIS continueront toutefois de s’appliquer aux parties des territoires des trois municipalités situées en zone inondable 0-20 ans.

Une assemblée publique de consultation pour les citoyens des trois municipalités aura lieu le 5 décembre à Deux-Montagnes. Le décret pourra être officiellement adopté par la suite.

Les digues sont solides

Le maire de Deux-Montagnes, Denis Martin, et la mairesse de Pointe-Calumet, Josée Fontaine, se sont déclarés satisfaits ce lundi matin. Ils ne croient pas que les changements proposés créent des risques que des maisons soient lourdement endommagées lors d’inondations futures, et que les contribuables aient à payer les programmes d’indemnisation de leurs résidants.

Le maire Martin a souligné que les digues font bien leur travail, car en 2019, « Deux-Montagnes a eu zéro sinistré ». Pour lui, le projet de décret n’a pour objectif que de faire revenir les choses à la situation qui prévalait avant l’imposition de la zone d’intervention spéciale.

« Ça va être un soulagement pour la majorité des citoyens, il fallait que ça arrive et on est très heureux ce matin de cette nouvelle-là », a déclaré de son côté la mairesse Fontaine. Elle n’est pas inquiète pour l’avenir, car toutes les digues de la municipalité ont été inspectées et jugées sécuritaires, sauf pour une pour laquelle des travaux sont déjà prévus.

Des travaux ont été autorisés par le gouvernement du Québec pour consolider et rehausser les digues de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Pointe-Calumet et Deux-Montagnes.

Les graves inondations de ce printemps ont touché 250 municipalités au Québec et forcé l’évacuation de plus de 10 000 personnes. Des crues printanières avaient aussi touché durement la province il y a deux ans.