L’île d’Anticosti bientôt désignée «aire protégée d’utilisation durable»

L’île d’Anticosti constituera la première «aire protégée d’utilisation durable» du Québec, promet le ministre de l’Environnement, Benoit Charette.
Photo: Pierre Lahoud L’île d’Anticosti constituera la première «aire protégée d’utilisation durable» du Québec, promet le ministre de l’Environnement, Benoit Charette.

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, propose à l’Assemblée nationale de créer un nouveau statut de protection des territoires altérés par l’activité humaine où la protection de la biodiversité et des activités économiques iraient de pair.

L’île d’Anticosti constituera la première « aire protégée d’utilisation durable » du territoire québécois, a-t-il promis, jeudi, tout en brandissant le projet de loi 46.

La candidature de l’île du golfe Saint-Laurent auprès du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO s’en trouvera renforcée, est persuadé le gouvernement caquiste. « L’ajout du statut d’aire protégée d’utilisation durable permettrait notamment de protéger l’intégralité de l’île d’Anticosti en complétant les autres statuts d’aire protégée qui protègent actuellement l’île à 22 %, et ainsi bonifier sa candidature au titre de site du patrimoine mondial de l’UNESCO », a déclaré M. Charrette après le dépôt de son projet de loi modifiant la Loi sur la conservation du patrimoine naturel, en chambre, jeudi.

L’inscription de l’île d’Anticosti sur la liste des « aires protégées d’utilisation durable » n’empêchera pas la communauté qui y est établie d’effectuer une exploitation forestière « durable » ou encore de s’adonner à la chasse sur son territoire « tout en protégeant les milieux naturels et leurs particularités comme les fossiles qui s’y trouvent ».

Deux statuts de protection

Le projet de loi 46 vise non seulement à créer le statut d’aire protégée d’utilisation durable, mais également celui de réserve marine.

Le statut de réserve marine vise la protection d’un milieu composé principalement d’eau salée ou saumâtre en raison de l’intérêt de ses caractéristiques biophysiques.

Les activités réalisées à des fins de recherche ou d’exploitation de substances minérales, d’hydrocarbures, de saumure ou de réservoirs souterrains et le transport de telles substances seront interdites dans une réserve marine, prévoit le projet de loi 46. Il en est de même pour les activités de production, de transformation ou de distribution commerciale d’énergie, à l’exception les lignes de distribution d’énergie électrique à basse tension.

« Ce projet de loi permettra au Québec de protéger une plus grande superficie de territoire plus rapidement », s’est félicité M. Charette.

Le directeur général de la Société pour la nature et les parcs, Alain Branchaud, a salué l’initiative de M. Charette.

Le gouvernement du Québec s’est donné pour cible de protéger 17 % de son territoire continental d’ici décembre 2020. Le hic : le réseau d’aires protégées s’étend actuellement sur 10,3 % du territoire québécois. « Au cours de la prochaine année, nous entendons mettre les bouchées doubles afin de combler ce retard, atteindre les cibles de 2020 et respecter nos engagements internationaux », a promis M. Charette, tout en précisant que le projet de loi 46 n’est pas essentiel pour y arriver.

« La nouvelle loi que nous proposons aujourd’hui nous aiderait grandement à atteindre les nouveaux objectifs internationaux après 2020. »