Simon Jolin-Barrette «victime» d’un vol de documents

Le suspect aurait profité d’une absence d’environ 45 minutes du ministre Simon Jolin-Barrette et de son chauffeur pour saisir l’iPad et certains documents, dont la «plupart» ont été récupérés par les autorités.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le suspect aurait profité d’une absence d’environ 45 minutes du ministre Simon Jolin-Barrette et de son chauffeur pour saisir l’iPad et certains documents, dont la «plupart» ont été récupérés par les autorités.

Le ministre Simon Jolin-Barrette s’est déclaré jeudi matin « victime d’un acte criminel », puisqu’il s’est fait voler, la veille, des documents qu’il avait laissés dans sa voiture de fonction.

L’élu a confirmé qu’un individu a subtilisé son iPad et des « documents de travail », mais il a assuré que ceux-ci « ne sont pas importants ».

La Sûreté du Québec a confirmé avoir arrêté, mercredi vers 22 h 45, un individu qui aurait tenté de voler plusieurs véhicules garés à l’édifice Marie-Guyart de la colline Parlementaire de Québec. L’homme aurait été à la recherche de monnaie.

Le suspect aurait profité d’une absence d’environ 45 minutes du ministre et de son chauffeur pour saisir l’iPad et certains documents, dont la « plupart » ont été récupérés par les autorités.

 

 

« J’avais des documents personnels aussi […], des clés, notamment, de la maison. Vous savez, ça amène une certaine inquiétude », a déclaré le ministre Jolin-Barrette.

« Il n’y a personne qui aime ça, se faire voler, et on est inquiets pour notre famille dans ce temps-là. »

Legault à la défense du ministre

Le ministre s’est voulu rassurant : les documents se trouvant sur son iPad ne sont accessibles qu’à ceux qui détiennent ses accès informatiques. « Tous mes codes ont été désactivés. […] L’intégrité [de tous les documents] a été respectée », a-t-il attesté.

Le premier ministre, François Legault, n’a pas reproché à son ministre d’avoir été négligent. « C’est une voiture de la sécurité publique, dans un stationnement du gouvernement, je pense qu’il ne faut pas exagérer », a déclaré le chef du gouvernement, le sourire en coin.

Pas question de punir son ministre ou le gardien de sécurité qui l’accompagnait, a-t-il ajouté.

À son avis, la décision de laisser des documents dans sa voiture de fonction relève du bon jugement des élus.

« Nous devons souvent voyager, à plusieurs endroits, et je ne pense pas qu’on transporte tous nos documents avec nous », a-t-il dit en anglais. « Parfois, je vais donner un discours quelque part et je ne traîne pas mes documents », a admis le chef du gouvernement.

Jolin-Barrette offusqué par Rizqy

La députée libérale Marwah Rizqy n’a pas fait preuve d’autant d’indulgence.

« Ma mère m’a appris à ne pas laisser ma sacoche dans l’auto. Je pense qu’on ne laisse pas des documents dans l’auto. C’est vraiment de l’imprudence et dans son cas à lui, les erreurs s’accumulent », a lancé l’élue.

« [Quand] un ministre laisse des documents à pleine vue dans sa voiture de fonction], il demande pratiquement de se faire voler », a-t-elle ajouté.

Ses propos ont fait bondir le ministre Jolin-Barrette. « Prenez un pas de recul. Est-ce qu’on attaque les victimes d’infraction criminelle, de vol ? J’invite Mme Rizqy a réfléchir au sens de ses propos, ça l’honore très peu ce matin », a-t-il pesté.

Quant au suspect du vol, il a été libéré et doit revenir en cour « à une date ultérieure », a fait savoir la SQ.

Avec Marco Bélair-Cirino