Le recteur de l'UQAT n'est pas si «rassuré» que ça

Le ministre Pierre Dufour martèle que les inquiétudes du milieu de l’éducation en Abitibi-Témiscamingue en ce qui a trait au Programme de l’expérience québécoise ne sont pas fondées.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le ministre Pierre Dufour martèle que les inquiétudes du milieu de l’éducation en Abitibi-Témiscamingue en ce qui a trait au Programme de l’expérience québécoise ne sont pas fondées.

Le ministre responsable de l’Abitibi-Témiscamingue, Pierre Dufour, répète à qui veut l'entendre que le recteur de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) n’est pas inquiet de la réforme en immigration. Or le principal intéressé soutient le contraire.

Depuis mercredi, M. Dufour martèle que les inquiétudes du milieu de l’éducation en Abitibi-Témiscamingue en ce qui a trait au Programme de l’expérience québécoise ne sont pas fondées. À preuve, le ministre aurait « rassuré » le recteur de l’UQAT à cet égard lors d’une conversation téléphonique.

Interpellé par la députée solidaire Émilise Lessard-Therrien au Parlement, il a même offert à celle-ci de lui donner le numéro de téléphone du recteur Denis Martel pour qu'elle puisse vérifier auprès de ce dernier.

« Si la députée le veut, je pourrai lui donner le [numéro de] téléphone de M. Martel, comme ça elle pourra avoir l’information. Ce sera un plaisir de vous le donner », lui a-t-il dit.

Voyez l'échange entre Émilise Lessard-Therrien et Pierre Dufour


Or le recteur voit les choses autrement. « Il n’interprète pas très bien la conversation qu’on a eue ensemble », a répondu au téléphone le recteur Martel à propos du ministre. « Je ne suis vraiment pas aussi rassuré. »

 

  Le recteur se dit inquiet parce que plusieurs de ses programmes ne figurent pas sur la liste de ceux ciblés par le PEQ pour l’immigration d’étudiants étrangers, comme la maîtrise et le doctorat en environnement forestier et minier, le programme en études autochtones ou celui en création numérique et jeux vidéo.
 

« [Le ministre] m'a dit que les programmes de maîtrise et de doctorat dans certains environnements minier et forestier sont normalement traités correctement dans le PEQ et qu’il ne devrait pas y avoir de difficultés. C’est vrai qu’à ce moment-là je lui ai dit: “Ça me rassure pour ces programmes-là.” Mais ça ne me rassure pas du tout, par contre, pour deux choses : les autres programmes et le fait que le gouvernement prend des mesures sur des critères strictement économiques à très court terme », a dit M. Martel.

Malgré les propos tenus par le ministre, les programmes en mines et foresterie ne figurent toujours pas sur la liste, indique-t-il, en ajoutant qu’il lui faudra « une confirmation publique officielle qui confirme ses dires ».