Le gouvernement doit respecter la motion contre la réforme, disent le PLQ et QS

Le gouvernement caquiste n’a pas l’intention de donner suite au voeu de l’Assemblée nationale, a indiqué M. Legault.
Photo: Alice Chiche Archives Le Devoir Le gouvernement caquiste n’a pas l’intention de donner suite au voeu de l’Assemblée nationale, a indiqué M. Legault.

Le gouvernement « a l’obligation morale » de respecter la motion embarrassante adoptée mercredi soir pour le faire reculer sur sa réforme du Programme d’expérience québécoise (PEQ), selon le Parti libéral et Québec solidaire. Cette motion libérale a été adoptée alors que seulement trois élus caquistes étaient présents au Salon bleu.

« Ils ont levé le verre dans un cocktail de financement plutôt que de lever la main en chambre pour défendre ce que je considérerais comme quelque chose d’indéfendable », a déclaré le chef intérimaire du Parti libéral, Pierre Arcand, en mêlée de presse. « Simon Jolin-Barrette a deux [options]: l’humilité ou l’humiliation, a affirmé le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois. Soit il fait amende honorable et tout le Québec va l’applaudir, soit il s’entête, il s’empêtre et ce n’est que le début de ses problèmes. »

Le gouvernement caquiste n’a pas l’intention de donner suite au voeu de l’Assemblée nationale, a indiqué M. Legault jeudi avant-midi. « Les motions, c’est seulement un souhait, ce n’est pas un ordre », a-t-il ajouté, citant librement l’ex-président de l’Assemblée nationale Jacques Chagnon.

Le whip et le whip adjoint du parti, responsables de s’assurer qu’un nombre suffisant de députés sont présents en chambre pour les votes, se sont confondus en excuses. « C’est une erreur, a reconnu le whip Éric Lefebvre Ça arrive et, naturellement, on va prendre les mesures nécessaires. »

Il a tenu à préciser que seulement quatre députés s’étaient éloignés de la colline Parlementaire pour aller « au cocktail de financement avec le premier ministre » en soutien à la candidate à l’élection partielle dans Jean-Talon, Joëlle Boutin, cocktail qui se déroulait dans un restaurant de Sillery. « Faut comprendre qu’il y avait quatre commissions parlementaires, a-t-il expliqué. J’avais une trentaine de députés et ministres qui étaient dans des commissions parlementaires. »

Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, estime que le peu de députés présents démontre le malaise causé par la réforme du PEQ au sein du caucus caquiste. Une explication balayée du revers de la main par le whip adjoint du gouvernement, Sylvain Lévesque.

Ce dernier a reconnu avoir commis une erreur à cause de sa méconnaissance d’une règle de l’Assemblée nationale qui exige que cinq députés soient présents pour demander le report au lendemain d'un vote sur une motion de l’opposition. « En toute humilité, hier, j’ai appris que cette règle-là existait, a-t-il reconnu. Je ne peux pas dire que je suis fier de cette erreur-là, mais je pense que j’en sors grandi [...]. » Il dit ne pas avoir parlé directement au premier ministre, qui avait dit la veille que « le whip [allait] se faire parler ». Il a toutefois parlé à l’entourage de François Legault après sa bourde.

Le député caquiste Christopher Skeete, quant à lui, a indiqué qu’il s’agissait d’un « coup monté » des libéraux. « Honnêtement, moi, au lieu de me pavaner puis de célébrer ça comme un coup monté, je m’attendrais à ce que l’opposition officielle — un parti qui a gouverné le Québec — soit plus constructive à venir nous aider à améliorer nos projets de loi au lieu de faire de la petite politique », a-t-il lancé.

Avec Marco Bélair-Cirino