Des conseillers municipaux de Québec préoccupés

Selon l’enquête menée par «Le Devoir» et l’Institut du journalisme d’enquête de l’Université Concordia, la ville de Québec se classe plutôt bien par rapport aux autres par les précautions qu’elle prend pour garantir la qualité de l’eau qu’elle distribue.
Photo: iStock Selon l’enquête menée par «Le Devoir» et l’Institut du journalisme d’enquête de l’Université Concordia, la ville de Québec se classe plutôt bien par rapport aux autres par les précautions qu’elle prend pour garantir la qualité de l’eau qu’elle distribue.

Même si Québec fait plutôt bonne figure pour limiter les concentrations de plomb dans l’eau, des conseillers municipaux estiment qu’il y a encore fort à faire pour documenter le dossier et informer les citoyens.

« Il n’y a aucun tuyau en plomb dans notre système de distribution, donc la responsabilité est bien vraiment aux propriétaires de l’édifice », a signalé le responsable de l’Ingénierie au comité exécutif, Steve Verret.

Lundi soir, plusieurs conseillers de l’opposition ont posé des questions sur l’état de la situation dans la capitale.

Selon l’enquête menée par Le Devoir et l’Institut du journalisme d’enquête de l’Université Concordia, la Ville de Québec se classe plutôt bien par rapport aux autres par les précautions qu’elle prend pour garantir la qualité de l’eau qu’elle distribue.

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Depuis 10 ans, elle offre aussi des tests gratuits aux particuliers dont les résidences sont jugées à risque, a expliqué la conseillère responsable de l’Environnement, Suzanne Verreault.

« On fait chaque année un envoi massif de 500 lettres dans des résidences qu’on croit vulnérables parce que construites entre telle et telle année », a-t-elle expliqué.

Or, le conseiller de l’opposition Yvon Bussières a déploré que ce programme soit « volontaire » et a demandé à ce que la Ville documente la situation partout sur le territoire.

Avec d’autres conseillers de l’opposition, il s’est aussi enquis du sort de certaines écoles.

Selon une autre enquête menée par le quotidien Le Soleil, la Ville a découvert des « concentrations significatives en plomb » dans l’eau de certaines écoles. Les concentrations étaient particulièrement élevées à l’école Saint-Sacrement ainsi qu’à Saint-Malo. Dans certains cas, la contamination était de 4 à 72 fois au-dessus de la nouvelle limite fixée à 5 microgrammes par litre.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a depuis ordonné que des tests soient réalisés dans toutes les écoles du réseau. Depuis, la Ville dit qu’elle travaille sur un plan d’action qui sera prêt d’ici un mois, selon Suzanne Verreault. La conseillère a aussi expliqué que la Ville offrait déjà des tests gratuits aux centres de la petite enfance (CPE) et aux écoles qui souhaitent faire des vérifications.

Or, la Ville craint d’avoir à mener des tests partout sans les moyens financiers pour le faire.

« Il faut prendre ça très au sérieux, mais il ne faut pas que tout soit sur les épaules de la Ville de Québec », a-t-elle dit.

« S’ils veulent que ce soit les municipalités qui ramassent tout, j’espère qu’on va avoir un appui financier. C’est des ressources, c’est des coûts. »

Selon l’enquête menée par Le Devoir et l’Institut du journalisme d’enquête de l’Université Concordia, la ville de Québec obtient une cote de 3,5 sur 6, ce qui la place loin devant Montréal et Gatineau (0 sur 6) mais toutefois derrière Ottawa (4,5).

Québec récolte notamment des points parce qu’elle utilise un traitement efficace de la corrosion (l’orthophosphate) depuis de nombreuses années. La Ville gagne aussi des points parce qu’elle offre des tests gratuits à la population et rend ses données disponibles sur son site web.

De plus, la capitale a beaucoup moins de bâtiments publics abritant des conduites en plomb qu’ailleurs.

L’équipe d’enquête estime leur nombre à 673, alors qu’elle évalue qu’il y en a entre 2000 et 48 000 dans les autres villes testées (Montréal, Gatineau, Halifax, Ottawa, Toronto et Saskatoon).