Inondations: des «mesures spéciales» à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, dit Guilbault

Six mois après la rupture d’une digue qui a forcé 6000 habitants à fuir leur maison, la majorité des sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac n’ont reçu qu’une partie de l’assistance financière promise par Québec.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Six mois après la rupture d’une digue qui a forcé 6000 habitants à fuir leur maison, la majorité des sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac n’ont reçu qu’une partie de l’assistance financière promise par Québec.

La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a annoncé lundi que « des mesures spéciales » seront mises en place pour aider certains sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac.

Accompagnée de la mairesse de l’endroit, Sonia Paulus, et du vice-président de la Croix-Rouge canadienne pour le Québec, Pascal Mathieu, Mme Guilbault n’a toutefois pas précisé quelles seront ces nouvelles mesures.

Au printemps dernier, le gouvernement Legault avait annoncé un programme qui prévoit un versement pouvant atteindre 200 000 $ aux sinistrés qui doivent déménager ainsi que certains montants à ceux qui doivent rénover. Mais six mois après la rupture d’une digue qui a forcé 6000 habitants à fuir leur maison, la majorité des sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac n’ont reçu qu’une partie de l’assistance financière promise par Québec.

Geneviève Guilbault a indiqué que « les dossiers étaient traités beaucoup plus rapidement qu’auparavant », même si elle admet qu’il y a des ajustements à faire.

« On n’a pas la prétention que c’est parfait, mais on redouble d’ardeur » a-t-elle dit.

Arrêts de travail, maladies, détresse psychologique, les contrecoups de l’inondation ont été largement médiatisés récemment et la ministre de la Sécurité publique a déclaré qu’elle était pleinement consciente « de la détresse et l’inquiétude des gens ».

« C’est complexe ce qui s’est passé ici. Le message que je veux passer, c’est que même quand les caméras ne sont pas là, le travail se poursuit, les efforts se font sans relâche, pour traiter les dossiers qui ne sont pas encore réglés », a-t-elle indiqué.

Quant aux « mesures spéciales » pour aider certains sinistrés, Geneviève Guilbault a précisé qu’elles seront annoncées sous peu.

« Ma collègue des Affaires municipales, Andrée Laforest, est en train de plancher sur des mesures supplémentaires pour répondre aux besoins particuliers de certains sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac. »

Un énorme sentiment d’injustice

Jointe par téléphone par La Presse canadienne, la sinistrée Myriam Sabourin a affirmé que les citoyens ne souhaitent pas « d’aide et de mesures spéciales », mais plutôt « une indemnisation juste, tout simplement ».

« La digue qui a cédé était sous la gouverne de la municipalité et du gouvernement provincial. Étant donné que c’est leur bien qui a nous a causé autant de tort, on demande qu’ils le reconnaissent et qu’ils nous dédommagent pour ce que ça coûte vraiment », a-t-elle dit.

Les travaux de rénovation de la maison de cette résidante de la 18e avenue ont été estimés à 43 000 $ par le ministère de la Sécurité publique.

Mais Myriam Sabourin affirme que « la plus basse soumission sur la dizaine d’entrepreneurs avec qui elle a discuté » représente le double de ce que le gouvernement lui a promis et que plusieurs sinistrés sont dans la même situation.

En plus de la détresse psychologique, les sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac vivent un « énorme sentiment d’injustice », selon Mme Sabourin.

« Les sinistrés portent sur leurs épaules la très grande majorité des pertes qui leur ont été causées par une infrastructure appartenant à la Ville et au gouvernement et le gouffre financier dans lequel on est plongé est catastrophique », a-t-elle dit.