La CSN veut une hausse de 3$ l’heure pour ses membres du secteur public

Les fédérations du secteur public de la CSN représentent 150 000 travailleurs dans les réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation et dans les organismes gouvernementaux.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les fédérations du secteur public de la CSN représentent 150 000 travailleurs dans les réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation et dans les organismes gouvernementaux.

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) a annoncé ses objectifs, mercredi, en vue de la renégociation des conventions collectives des employés de l’État qui échoiront en mars 2020. Elle réclame une hausse salariale globale pour tous ses membres concernés, mais selon une formule avantageant les moins bien payés.

La CSN revendique ainsi une augmentation salariale de 3 $ l’heure dès la première année du nouveau contrat. Puis, pour les deux années suivantes, elle demande une hausse annuelle de 3 % ou, si cela correspond à une augmentation de salaire plus importante pour un salarié, de 1 $ l’heure. Tous les postes sont concernés.

« Il faut améliorer l’attractivité de ces emplois parce que c’est l’avenir des services publics, défend en entretien Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN et responsable de la négociation du secteur public. Au Québec, si on n’est pas capable de donner de deuxième bain dans les CHSLD, c’est parce qu’on manque de bras. »

Les fédérations du secteur public de la CSN représentent 150 000 travailleurs dans les réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation et dans les organismes gouvernementaux.

Pénurie de travailleurs

En septembre, le premier ministre, François Legault, avait indiqué aux syndicats de ne pas s’attendre à obtenir une augmentation salariale au-delà de l’inflation. Seuls les préposés aux bénéficiaires et les enseignants pourraient obtenir une augmentation de salaire supérieure à l’inflation afin de pallier la pénurie de main-d’oeuvre en santé et en éducation.

Or, selon Mme Senneville, on peine à attirer et à retenir le personnel dans tous les secteurs des services publics. Des hausses salariales à plus large portée sont donc nécessaires. « Il faut que chacun des postes soit reconnu pour sa réelle valeur, et pas seulement pour répondre à la saveur politique du moment », dit-elle.

Pour cadrer ses demandes, la CSN prend la prémisse que le gouvernement dispose de surplus budgétaires « historiques » et qu’il peut investir « substantiellement » dans les services à la population, après des années d’austérité qui ont fait mal aux travailleurs de la fonction publique. Les autres grandes centrales syndicales québécoises ont également déposé leurs demandes auprès du Conseil du trésor ces derniers jours.

La CSN a aussi demandé mercredi que des sommes soient prévues pour améliorer les conditions de travail dans les services publics, où elle constate d’importantes surcharges de travail. Elle a aussi formulé des demandes concernant le désinvestissement des énergies fossiles de la Caisse de dépôt et placement du Québec (qui gère la caisse de retraite de ses membres), ainsi que la protection des lanceurs d’alerte.

Le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, n’a pas commenté les demandes de la CSN, mercredi.