Pas d’argent pour les «petits amis» dans le pacte fiscal, prévient Legault

Le premier ministre du Québec, François Legault
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le premier ministre du Québec, François Legault

Le premier ministre, François Legault, a invité mercredi les maires à ne pas utiliser les sommes ajoutées au pacte fiscal pour satisfaire de « petits amis ».

« Le grand défi, c’est de s’assurer que cet argent-là est bien utilisé, de façon efficace, sans petits amis », a déclaré le premier ministre un sourire en coin, dans un discours prononcé lors de la signature du pacte fiscal mercredi.

Par ce pacte, le gouvernement de la CAQ verse aux villes 1,2 milliard de dollars de plus que le précédent gouvernement libéral. Plus de 7 milliards seront ainsi transférés aux municipalités québécoises sur cinq ans.

À titre indicatif, le précédent pacte fiscal comprenait des transferts de 3,2 milliards de dollars sur quatre ans. À partir de maintenant, les villes recevront des centaines de millions de dollars de plus par an. Surtout, les nouveaux fonds ne sont pas attachés à des programmes précis, ce qui leur permettra d’investir où elles veulent.

Évidemment, on fait confiance aux municipalités, on va suivre ça

Invitées à réagir aux propos du premier ministre sur les « petits amis », les associations municipales ont pris la chose avec humour, mais laissé entendre que M. Legault n’avait rien à craindre.

« On est capables de prouver qu’on sait gérer notre argent localement », a déclaré le président de la Fédération québécoise, Jacques Demers. « Je l’ai vu comme une blague. »

« Il parlait de l’ancien maire de Laval », a ensuite lancé en boutade le maire de Québec, Régis Labeaume.

Pas une « manne », selon Cusson

Invité à préciser ses propos, M. Legault a réitéré qu’il s’agissait de « beaucoup d’argent » et que l’argent devait être « bien utilisé », donc « pas de corruption, pas d’inefficacité, pas de gaspillage ».

« Évidemment, on fait confiance aux municipalités, on va suivre ça », a-t-il ajouté.

La plus grande partie de la hausse des transferts provient du versement d’une part de la TVQ (730 millions de dollars sur cinq ans) aux villes. Les municipalités pourront ainsi avoir leur part des revenus croissants du gouvernement québécois.

Cette mesure répond à une vieille revendication des municipalités, qui réclament depuis des années de pouvoir diversifier leurs sources de revenus pour moins dépendre des impôts fonciers.

Une aide supplémentaire de 200 millions de dollars s’ajoute, en outre, pour financer des travaux de voirie ; 70 millions de plus iront aussi dans les fonds régionaux. On ajoute également des sous dans la cagnotte des revenus de redevances.

Une attention particulière a été portée aux municipalités les plus dévitalisées, qui recevront une proportion plus élevée des revenus de TVQ que les autres villes.

Parlant du « premier acte d’une réforme globale », le président de l’Union des municipalités du Québec, Alexandre Cusson, a aussi laissé entendre, dans un communiqué, qu’il s’agissait de la meilleure entente signée ces 15 dernières années.

Il a toutefois souligné qu’à l’échelle de chacune des villes, cela se traduira par une hausse très modeste du budget.

« À Drummondville, ça représente moins de 1 % du budget », a-t-il dit. Ce n’est pas une « manne », « c’est une entente satisfaisante ».