Un bond dans l’échelle salariale en éducation

La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) a réclamé récemment un rattrapage salarial de 8% pour atteindre la rémunération moyenne canadienne.
Photo: Manon Allard Getty Images La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) a réclamé récemment un rattrapage salarial de 8% pour atteindre la rémunération moyenne canadienne.

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) a pris le premier ministre, François Legault, au mot lorsqu’il a proposé en campagne électorale d’éliminer les six premiers échelons salariaux des enseignants.

Elle a proposé mardi une toute nouvelle grille salariale au gouvernement avec une hausse de 33 % du salaire d’entrée dans la profession, qui passerait de 42 431 $ à 56 415 $. L’augmentation serait moins marquée pour le dernier échelon qui passerait de 82 585 $ à 91 894 $, soit environ 11 % de plus.

« On perd, sur une carrière de 35 ans, 420 000 $ par prof, ça doit cesser », a dénoncé le président de la FAE, Sylvain Mallette. « C’est carrément de l’exploitation, le gouvernement le sait, lui aussi fait des calculs et donc nous, ce qu’on demande, c’est de rattraper la moyenne canadienne », a-t-il ajouté.

Le syndicat, qui représente 45 000 enseignants, n’est pas passé inaperçu lors de son passage à Québec pour déposer ses demandes au gouvernement pour le renouvellement de la convention collective. Des membres y sont allés de quelques coups d’éclat en pleine heure de pointe le matin près de l’Assemblée nationale. Deux larges banderoles portant le slogan « Nous, les profs, c’est à notre tour ! » ont été accrochées aux portes Saint-Louis et Saint-Jean du Vieux-Québec. Elles ont été retirées de ces éléments patrimoniaux environ une heure plus tard, après l’intervention de Parcs Canada et de la police.

Quelques centaines d’enseignants ont fait une haie d’honneur du parc de la Francophonie jusqu’à l’édifice qui abrite le Conseil du Trésor de l’autre côté de la rue pour que le bureau syndical aille y déposer leurs demandes. La FAE a également nolisé un autobus à son effigie pour sillonner les routes du Québec durant deux mois dans le but de gagner l’appui de la population dans ses négociations avec le gouvernement.

En plus de ses demandes salariales, elle réclame également un allègement des tâches, une meilleure composition des classes, une plus grande autonomie professionnelle, une diminution de la précarité entre autres choses. La convention collective arrive à échéance le 31 mars 2020.

« Je trouve que c’est beaucoup », a affirmé le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, en mêlée de presse mardi en faisant référence à l’ensemble des demandes syndicales déposées jusqu’ici par les représentants les employés du secteur public. « Mais je respecte [le fait] qu’elles soient différentes entre chacune des centrales », a-t-il ajouté.

« Ce qu’on a promis durant la campagne électorale, c’est de fusionner les six premiers échelons pour les enseignants, a rappelé le premier ministre, François Legault. On s’est engagé aussi à augmenter le salaire des préposés aux bénéficiaires plus que l’inflation. » Les autres groupes d’employés recevront une augmentation équivalente à la hausse de l’indice des prix à la consommation. « La capacité de payer du gouvernement, c’est l’inflation, a-t-il souligné. Je vais laisser le président du Conseil du Trésor négocier, mais ce qui est prévu dans le cadre financier c’est de donner l’inflation. »

La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) a réclamé récemment un rattrapage salarial de 8 % pour atteindre la rémunération moyenne canadienne, en plus des augmentations de salaire qui seront consenties aux 475 000 employés de l’État. La moyenne canadienne du sommet de l’échelle serait de 94 000 $, selon la FSE.

La Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) et l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) ont réclamé la semaine dernière des hausses salariales de 21,6 % sur trois ans. Ces deux syndicats représentent 131 000 travailleurs du secteur de la santé, dont un grand nombre d’infirmières, de travailleurs sociaux et de psychologues.

1 commentaire
  • Céline Delorme - Abonnée 30 octobre 2019 13 h 54

    Valoriser les enseignants

    Je suis tout à fait d'accord qu'il faut valoriser la profession enseignante: augmentation des salaires et amélioration des conditions de travail.
    Mais il est difficile de comprendre la demande de "plus grande autonomie professionnelle." tout en refusant son corrollaire: soit un ordre professionnel.
    Depuis des années, on entend les syndicats refuser d'avoir un ordre professionnel des enseignants.
    L'article fait une comparaison avec les infirmières, psychologues et travailleurs sociaux: ces professionnels ont une certaine autonomie, et ils ont aussi un ordre professionnel, cela va avec l'autonomie. A moins d'erreur de ma part, Il semble que les enseignants veuillent avoir "le beurre et l'argent du beurre" en ce qui concerne l'autonomie.