Les libéraux refusent de déplorer «l’intimidation institutionnelle» en Catalogne

Le chef par intérim du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le chef par intérim du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand

Péquistes et solidaires ont dénoncé le « recul » des libéraux mardi sur l’attitude de Madrid envers des élus catalans. Les libéraux ont fait bande à part en refusant de consentir à une motion déposée par Québec solidaire pour déplorer « l’intimidation institutionnelle » et « prendre acte des lourdes peines d’emprisonnement » infligées par la justice espagnole la semaine dernière à neuf indépendantistes catalans.

« C’est inquiétant, Robert Bourassa se retournerait dans sa tombe, s’est exclamé Gabriel Nadeau-Dubois. C’est un parti qui a perdu tous ses repères politiques. »

Les libéraux avaient appuyé une motion du Parti québécois en 2017 qui déplorait « l’attitude autoritariste du gouvernement espagnol » et appelait à un dialogue entre la Catalogne et l’Espagne pour trouver une solution pacifique à leurs divergences.

« C’est à eux de s’expliquer là-dessus, a signalé le député péquiste Joël Arseneau. Il faut quand même signifier que la décision des tribunaux espagnols est inacceptable et il n’était pas question pour nous de reconnaître cette décision-là comme étant démocratiquement valable en Espagne. »

Les peines infligées par la Cour suprême d’Espagne aux élus catalans et à deux membres de la société civile varient entre 9 et 13 ans d’emprisonnement pour leur rôle joué dans la tentative de sécession de la Catalogne. Le président du Parlement de la Catalogne avait envoyé une lettre aux députés de Québec solidaire la semaine dernière pour solliciter leur aide.

Tous les autres partis étaient d’accord avec le texte de la motion solidaire qui réitérait un « appel à la négociation » pour un règlement pacifique du conflit.

« Il ne serait pas de bon aloi pour l’Assemblée nationale, par exemple, de descendre en flammes l’État de droit qui est le pays espagnol et de condamner sans aucune nuance le système juridique espagnol », a dit le leader parlementaire de l’opposition officielle, Marc Tanguay. Il n’a pas voulu s’avancer sur une formulation de la motion qui serait acceptable pour les libéraux tout en qualifiant la situation en Catalogne « d’extrêmement préoccupante ».