Le registre québécois des armes déjà très consulté par les policiers

Quelque 462 000 armes avaient été immatriculées au Québec en date du 31 mars.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Quelque 462 000 armes avaient été immatriculées au Québec en date du 31 mars.

L’utilisation que font les policiers du nouveau Service d’immatriculation des armes à feu (FIAF) est supérieure aux attentes du gouvernement du Québec avec une moyenne de 773 consultations par jour.

Ces résultats sont au-delà des cibles du ministère de la Sécurité publique (MSP) qui visait une utilisation moyenne de 50 consultations par jour à partir de l’an prochain, et 550 en 2020-2021, révèle le rapport annuel de l’organisation.

« Cela vient appuyer le fait que le FIAF est un outil utile pour les corps de police du Québec », a commenté le porte-parole du MSP, Patrick Harvey, par courriel.

Le FIAF permet aux agents de savoir rapidement qui a des armes, de quel type d’arme il s’agit, combien la personne en possède et où elles se trouvent, a-t-il souligné. Cela se révèle particulièrement utile pour prévenir les menaces à la sécurité des personnes (violence conjugale, suicide), exécuter des ordonnances judiciaires et soutenir les enquêtes criminelles dans lesquelles les armes à feu jouent un rôle, a écrit le porte-parole.

773
C’est la moyenne quotidienne de consultations faites par les policiers depuis son lancement, le 29 janvier dernier.

À l’Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ), on n’est pas étonné par ces résultats. « Ça concorde avec ce que j’ai toujours dit sur l’importance du registre des armes à feu », soutient son président Pierre Veilleux.

Le FIAF, dit-il, est particulièrement utile pour les patrouilleurs.

« Ce sont les premiers intervenants sur une scène de chicane, de violence conjugale. C’est utile d’avoir des informations sur les armes des personnes qu’ils vont rencontrer. »

Selon lui, cela aide aussi les enquêteurs « lorsque des armes se font voler » pour « endiguer un peu la contrebande des armes ». « C’est un outil d’enquête pour les enquêteurs et un outil de prévention pour les patrouilleurs. »

Un renseignement de plus

Les policiers, explique-t-il, ont déjà l’habitude, lors d’une intervention, de consulter les registres fédéraux du Centre de renseignement policier canadien (CRPQ) et de vérifier si le suspect a un permis fédéral de possession, un permis d’acquisition, s’il possède des armes de poing ou à utilisation restreinte.

Les données du MSP laissent croire qu’ils ont pris l’habitude de consulter le FIAF du Québec en même temps, fait-il remarquer. La démarche de renseignement est faite par le personnel des centres de traitement des appels qui acheminent l’information ensuite aux policiers.

« Toute l’information est colligée à la même place avec plusieurs systèmes et le patrouilleur reçoit tout ce qui est inscrit, y compris les armes à feu », explique le président de l’APPQ.

Le registre demeure toutefois largement incomplet. Au 31 mars, 462 259 armes avaient été immatriculées, alors qu’on estime qu’il y en a 1,2 million sur l’ensemble du territoire du Québec. « C’est sûr que quand ça va être complété, ça va être plus efficace », note à cet égard M. Veilleux.

Le Fichier d’immatriculation des armes à feu (FIAF) est accessible aux policiers depuis le 29 janvier. Il découle de l’entrée en vigueur de la loi sur les armes à feu de janvier 2018.

Le gouvernement avait donné aux propriétaires jusqu’à janvier 2019 pour immatriculer leur arme mais les inscriptions d’armes n’ont pas progressé au rythme attendu.

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