Plomb dans l’eau des écoles: on fermera les fontaines si nécessaire, dit Legault

Des trousses d’analyse de l’eau potable seront envoyées aux commissions scolaires.
Photo: iStock Des trousses d’analyse de l’eau potable seront envoyées aux commissions scolaires.

Le gouvernement québécois expédie enfin des trousses pour tester la qualité de l’eau dans les écoles québécoises. « Les outils et les méthodes adéquates pour effectuer les contrôles avec rigueur » parviendront aux écoles d’ici le 18 octobre, promet le ministère de l’Éducation.

Le premier ministre, François Legault, disait jeudi souhaiter que l’analyse se fasse « dans les prochaines heures ». « J’espère que dans les prochaines heures on va être capable de vérifier, puis dans les cas où c’est nécessaire, de fermer les [fontaines] s’il y a un risque », a-t-il déclaré lors d’une mêlée de presse à l’Assemblée nationale jeudi.

 

Dans une directive transmise jeudi, le ministre Jean-François Roberge demande aux présidents des commissions scolaires de « procéder à la réalisation de tests de qualité de l’eau dans chacun des établissements scolaires sous [leur] responsabilité, et ce, dans les meilleurs délais », puis de « communiquer les résultats de ces vérifications ainsi que les mesures qu[’ils comptent] mettre en oeuvre [pour] remédier aux situations identifiées comme étant problématiques ».

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, l’imitera en transmettant une consigne semblable aux centres de la petite enfance (CPE) et aux garderies privées. « On fait les vérifications, mais il ne faut pas être alarmistes », a-t-il dit à la presse.

Intervention tardive

Les élues de l’opposition Marwah Rizqy et Véronique Hivon ont tour à tour demandé jeudi que les résultats d’analyse soient rendus publics. Elles ont accusé le gouvernement caquiste d’avoir ignoré « des drapeaux rouges » attirant l’attention de plusieurs ministères sur la présence d’éléments toxiques dans l’eau des écoles du Québec.

La députée de Joliette, Véronique Hivon, a soutenu que l’équipe de François Legault avait pris une « décision irresponsable » en abolissant le volet visant à vérifier la qualité de l’eau offerte aux enfants dans les écoles du projet Visez Eau, comme Le Devoir l’a rapporté jeudi. « C’est de la négligence d’avoir retiré quelque chose qui était essentiel et fondamental du mandat de manière consciente », a-t-elle fait valoir. Dans les derniers mois, de nouvelles informations montrant que la quantité de plomb et de cuivre dépassait les normes québécoises dans des échantillons d’eau collectés dans des écoles sélectionnées au hasard ont aussi été publiées dans les médias.

Les ministres de l’Éducation, Jean-François Roberge, et de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, ont des comptes à rendre, a souligné la députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy. « Je me mets aujourd’hui à la place des parents. Ils sont inquiets. Pensez aussi aux enseignants, aux enfants qui boivent cette eau-là aujourd’hui. Ils ne savent pas s’ils boivent une eau de qualité », a-t-elle affirmé. Puisqu’il a agi de façon « irresponsable », le gouvernement caquiste s’expose à des poursuites devant les tribunaux, est d’avis l’avocate.

Le premier ministre, François Legault, a soutenu jeudi que l’« objectif principal » du projet Visez Eau est de « convaincre les jeunes de consommer moins de boissons gazeuses sucrées et de consommer plus d’eau, et pas de l’eau dans des bouteilles de plastique ». Il n’est pas d’analyser cette eau.

Québec solidaire voit une nouvelle illustration du « rapport trouble » entre le gouvernement Legault et la science dans la décision de retirer un programme de vérification de la qualité de l’eau dans le milieu scolaire.

Un rapport de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) publié en juillet avait décelé des concentrations hors normes de plomb dans l’eau des fontaines de 15 écoles et garderies. Celles-ci avaient été invitées à « vérifier » la qualité de leur eau au fil des dernières semaines, a indiqué M. Legault, avant d’ajouter : « Ça n’a pas été fait partout. »

Le premier ministre a souligné que « dans la grande, grande, grande majorité des cas, il n’y a pas de problème » de concentration de plomb. « Mais on ne veut pas courir de risques », a-t-il ajouté.
 



Une version précédente de ce texte, qui indiquait que Véronique Hivon est députée de Saint-Laurent, a été modifiée.

 

2 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 11 octobre 2019 09 h 52

    Coupons l'eau!

    Et réparer les conduits, ça vous dirait?
    Vous savez, les humains ont besoin d'eau pour vivre...

  • Benoit Gaboury - Abonné 11 octobre 2019 14 h 43

    Vaut mieux faire la file pour boire l'eau dans certaines écoles le matin

    Ce problème n'est pas nouveau, il me semble. Il y a déjà quelques années, un reportage avait attiré l'attention sur le fait que les tests portant sur la qualité de l'eau dans les écoles devaient être faits uniquement après avoir fait couler l'eau pendant 5 minutes. C’était la consigne donnée aux inspecteurs. Pourquoi une telle précaution, fallait-il se demander? Qu'arrivait-il en temps normal à tous ceux et celles qui buvaient l'eau avant que cela n'ait été fait, c'est-à-dire les premiers arrivés le matin? Le concierge ou la direction avaient-ils reçu la consigne de faire couler l’eau partout au moins 5 minutes avant l’arrivée des jeunes? On pouvait en douter. C'est probablement le signe qu'on ne voulait pas que les résultats soient trop mauvais, à moins qu'il n'y ait une autre raison scientifique qu'on ne nous a pas révélée. Et en est-il toujours de même actuellement?