Frédérick Gaudreau finalement nommé à la tête de l’UPAC

Frédérick Gaudreau assurait l'intérim de Robert Lafrenière à l'UPAC depuis novembre 2018.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Frédérick Gaudreau assurait l'intérim de Robert Lafrenière à l'UPAC depuis novembre 2018.

Le commissaire à la lutte contre la corruption, Frédérick Gaudreau, s’engage à « changer les choses » à l’Unité permanente anticorruption (UPAC), qu’il dirigera théoriquement jusqu’au 8 octobre 2026.

Le policier de carrière a dit être préoccupé par la réputation de l’organisation. « Les gens doivent être convaincus que nous faisons un travail rigoureux et impartial et que nous sommes une organisation digne de confiance afin qu’ils continuent à dénoncer des gestes de corruption », a-t-il écrit dans un communiqué diffusé mardi après-midi.

L’Assemblée nationale l’avait désigné quelques minutes plus tôt au poste de commissaire à la lutte contre la corruption. Tous les élus de la Coalition avenir Québec, du Parti libéral du Québec, de Québec solidaire et du Parti québécois présents en Chambre se sont rangés derrière la candidature du policier de carrière.

Rappelons que la « loi 1 » prévoit la désignation d’un nouveau commissaire à la lutte contre la corruption par au moins les deux tiers des députés du Parlement. « Il dispose d’un mandat fort à travers ce vote unanime de l’Assemblée nationale. Il a toute notre confiance », a souligné la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, après le vote des députés.

« C’est désormais sa responsabilité de reprendre l’UPAC en main et de lui permettre de retrouver ses lettres de noblesse. […] Il y a beaucoup de travail qui l’attend », a-t-elle ajouté.

Le PQ a finalement appuyé la candidature de M. Gaudreau, puisque ce dernier a « répondu de manière satisfaisante [aux] questions » de son chef parlementaire, Pascal Bérubé, lors d’une rencontre rassemblant M. Gaudreau, Mme Guilbault et un représentant de chacun des partis d’opposition.

« Nous aurions préféré qu’un civil soit nommé, mais nous avons participé de bonne foi au processus », a indiqué M. Bérubé.

La vice-première ministre a remercié le PLQ, QS et le PQ, qui « ont pris la décision de s’élever au-dessus de la partisanerie dans l’intérêt supérieur de l’UPAC, de l’État même ». Une « ère nouvelle » s’ouvre pour ce corps de police chargé de coordonner les actions de prévention et de lutte contre la corruption dans le secteur public, s’est-elle félicitée avant de décrire M. Gaudreau comme un homme « très lucide ».

La ministre de la Sécurité publique souhaite rencontrer le nouveau commissaire en titre afin d’aborder avec lui les « orientations générales et stratégiques » que devra prendre, selon elle, l’organisation.

« Évidemment, il ne sera nullement question des enquêtes : des enquêtes en cours, des enquêtes passées », a précisé Mme Guilbault, avant de rappeler la responsabilité du gouvernement d’« outiller convenablement » l’UPAC. « Si besoin est, je pourrais le rencontrer à nouveau. »

L’élue caquiste prône notamment « davantage de communications entre l’UPAC et la population ».

Frédérick Gaudreau assurait l’intérim depuis près d’un an. En effet, il y avait été propulsé le 3 novembre 2018, dans la foulée du départ-surprise de Robert Lafrenière.

Au fil des derniers mois, M. Gaudreau s’est mis à la tâche de façonner une « UPAC 2.0 » en abandonnant un certain nombre de pratiques adoptées par son prédécesseur.

« La transparence de l’organisation passe par la saine gestion de son administration, par les redditions de comptes aux élus, à la population et au Comité de surveillance de l’UPAC. Mais les enquêtes criminelles, c’est confidentiel. Il en va de la protection de la preuve ainsi que du respect des personnes impliquées et du processus judiciaire », a affirmé M. Gaudreau dans son communiqué.