À quel prix élargir les pouvoirs des pharmaciens? s'alarme la CSQ

Le projet de loi 31 prévoit que les pharmaciens pourraient, entre autres, administrer des vaccins.
Photo: iStock Le projet de loi 31 prévoit que les pharmaciens pourraient, entre autres, administrer des vaccins.

En confiant plus de responsabilités aux pharmaciens avec le projet de loi 31, le gouvernement risque d’ouvrir la porte à une « privatisation insidieuse » du système de santé, selon la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

« C’est un enjeu qui touche la population, ce n’est pas juste l’affaire des pharmaciens et des médecins », plaide sa présidente, Sonia Éthier.

Dans un mémoire qui sera rendu public aujourd’hui, le syndicat avance que « la multiplication des activités professionnelles pharmaceutiques rémunérées par les régimes d’assurance accentue les iniquités en santé » et risque de mener à une « privatisation insidieuse ».

Le projet de loi 31, présentement à l’étude à l’Assemblée nationale, permettrait aux pharmaciens de poser sept nouveaux actes auparavant réservés aux médecins. Ils pourraient, par exemple, administrer des vaccins ou encore prescrire eux-mêmes des médicaments en cas d’urgence.

Le hic, c’est qu’en pharmacie, des frais d’honoraires professionnels peuvent s’appliquer. Or, si les frais sont couverts par le volet public du régime d’assurance médicament (RAMQ), les détenteurs d’une assurance privée, eux, risquent de payer la note. « Pour les assurés au privé, le prix reflète la réalité d’affaires de la pharmacie », écrit la CSQ.

Des services essentiels

Des négociations sont en cours entre le gouvernement et les pharmaciens pour ajuster leur rémunération, mais la CSQ souhaite obtenir des garanties à un autre niveau et réclame qu’on reconnaisse officiellement ces nouveaux « services pharmaceutiques » comme des « services de santé essentiels ».

Pour appuyer ses demandes, le syndicat, qui est actif surtout en éducation mais aussi en santé, fait valoir que sur les huit activités supplémentaires autorisées pour les pharmaciens en 2015, « une seule » est demeurée un service assuré.

« Dans le secteur privé, des honoraires pharmaceutiques de 50 % à 225 % plus élevés que ceux du secteur public ont été observés », poursuit le syndicat qui s’appuie sur une enquête menée par le magazine Protégez-Vous en 2017.

La commission parlementaire sur le projet de loi 31 doit conclure ses travaux ce mardi avec le passage de divers groupes, dont l’Association du médicament générique et la Fédération des médecins spécialistes. La CSQ n’avait pas été invitée à y prendre part.