Legault n’exclut pas une aide pour la radio et la télévision

«Il y a une crise actuellement dans les médias écrits. Il y a une urgence d’agir, mais on est très conscients qu’il y a aussi des problèmes, des défis importants du côté de la télévision et de la radio», a dit François Legault.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne «Il y a une crise actuellement dans les médias écrits. Il y a une urgence d’agir, mais on est très conscients qu’il y a aussi des problèmes, des défis importants du côté de la télévision et de la radio», a dit François Legault.

Le premier ministre François Legault « n’exclut pas » de venir en aide aux stations de radio et de télévision après avoir volé à la rescousse de la presse d’information écrite.

« Il y a une crise actuellement dans les médias écrits. Il y a une urgence d’agir, mais on est très conscients qu’il y a aussi des problèmes, des défis importants, du côté de la télévision et de la radio », a-t-il déclaré dans un impromptu de presse, jeudi avant-midi. « Nathalie Roy est en train de regarder la situation », a-t-il ajouté.

La ministre de la Culture et des Communications a annoncé mercredi de nouvelles mesures d’aide totalisant 50 millions de dollars pour les entreprises de presse écrite d’ici 2023-2024. Parmi elles : un crédit d’impôt remboursable calculé sur les salaires des employés voués à « la production de contenu d’information écrit original ou à l’exploitation des technologies de l’information liée à la production ou à la diffusion de tel contenu ». Celui-ci pourra atteindre 26 250 $, soit 35 % d’un salaire de 75 000 $, avait précisé le ministre des Finances, Eric Girard, mercredi après-midi.

Les salles de nouvelles des télés généralistes privées sont aussi en péril. Le crédit d’impôt doit s’appliquer à elles.

Des dirigeants de stations de télévision et de radio l’ont par la suite joint par téléphone afin de lui faire part de leur étonnement.

Le grand patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau, a dénoncé sur le réseau social Twitter ce qui lui semble, à première vue, être la création de « deux classes de journalistes » par le gouvernement caquiste : « les gentils de la presse écrite et les rejets de la télé ». « Les salles de nouvelles des télés généralistes privées sont aussi en péril. Le crédit d’impôt doit s’appliquer à elles », a affirmé le propriétaire du Journal de Montréal, du Journal de Québec et du Groupe TVA.

Deux classes de journalistes ?

M. Girard a rétorqué jeudi avant-midi que l’État « ne structure pas l’aide en fonction de l’entreprise qui est en meilleure santé financière dans l’industrie ». « Parce que les médias écrits sont la source de l’information générale de qualité dans notre démocratie, nous appuyons cette industrie. Nous avons fait un choix », a-t-il ajouté.

Le ministre caquiste a précisé le tir à sa sortie du Salon bleu, où il avait pris part à la période des questions. « Tous les journalistes font un travail de qualité… », a-t-il déclaré.

Enfin, M. Girard a dit avoir « [pris] note des critiques » faites à l’égard du plan d’aide aux médias en difficulté qu’il a dévoilé la veille. Cela dit, l’aide consentie par le gouvernement caquiste mercredi « respecte la capacité de payer des contribuables ».

« On a une crise dans les médias écrits qui est plus urgente. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de problème à la radio, à la télévision », a souligné de son côté M. Legault.

Le chef du gouvernement a aussi mentionné que les journalistes télé et radio s’abreuvent fréquemment d’informations révélées dans la presse écrite. « C’est vrai que, quand on regarde les radios locales, puis même nationales, il y a une partie de l’information qui vient des médias écrits. Personne ne peut nier ça », a-t-il lancé, se fiant à sa « vingtaine d’années d’expérience » en politique.