L’UPA demande l’aide de Québec pour réduire l’usage des pesticides

L’UPA préconise l’ajout de 60 millions par année pour rémunérer les agriculteurs qui adopteraient des mesures écologiques.
Photo: Todd McInturf Detroit Free Press via Associated Press L’UPA préconise l’ajout de 60 millions par année pour rémunérer les agriculteurs qui adopteraient des mesures écologiques.

Les effets néfastes des pesticides sur la santé de Serge Giard sont bien réels. Même s’il est passé à la production biologique il y a 19 ans, la manipulation de ces produits toxiques a contribué chez lui au développement de la maladie de Parkinson.

« J’ai rencontré un médecin spécialiste dans les maladies professionnelles qui a confirmé que mes années précédentes avant l’agriculture biologique sont responsables de ma maladie », a-t-il confié au dernier jour de la commission parlementaire sur les pesticides jeudi.

Parkinson Québec estime que le ministère de la Santé devrait informer la population sur les risques associés à l’usage de ces produits. « En moyenne, l’exposition aux pesticides double quasiment les [risques] d’avoir la maladie de Parkinson », a souligné son coordonnateur du développement des programmes, Romain Rigal, en faisant référence aux études scientifiques existantes sur le sujet.

L’organisme réclame un fonds d’indemnisation pour les personnes, comme les agriculteurs, qui ne sont pas couvertes pas la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail.

Désengagement de l’État

Les risques pour la santé de ses membres préoccupent l’Union des producteurs agricoles (UPA), mais les solutions pour réduire l’usage de ces produits toxiques devront être « réalistes et réalisables » si le gouvernement veut que les agriculteurs les adoptent, selon son président Marcel Groleau.

Le puissant lobby, qui compte plus de 40 000 membres, a clôturé les auditions de la commission parlementaire sur les effets de ces produits toxiques sur la santé et l’environnement. « Nous, on dit la réglementation oui, mais il y a une limite à la réglementation », a affirmé M. Groleau en mêlée de presse.

Le budget du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) a diminué au fil des ans, au point où l’écart s’élève à 250 millions de moins en dollars constants entre 2009 et 2018, selon lui. « J’espère que le ministre Lamontagne va comprendre que ça prend des investissements supplémentaires », a-t-il dit.

Le gouvernement devrait embaucher davantage d’agronomes pour donner des services-conseils. L’UPA préconise également l’ajout de 60 millions par année pour rémunérer les agriculteurs qui adopteraient des mesures écologiques. Une mesure incitative qui aurait un effet plus grand qu’une approche coercitive de l’avis de son président.

Registre national des pesticides

L’UPA est en faveur de la création d’un registre national des pesticides pour obtenir un « aperçu beaucoup plus juste » de leur usage, mais son président met les élus en garde contre l’ajout de l’ensemble des 1200 pesticides autorisés en milieu agricole dans la liste des produits disponibles sous prescription comme le réclame l’Ordre des agronomes. Il s’agirait d’une « grave erreur », a affirmé M. Groleau à la commission.

Cinq molécules inscrites au Code de gestion des pesticides requièrent une prescription agronomique pour pouvoir être utilisées, mais tous les autres demeurent en vente libre présentement. Des fonctionnaires avaient signalé que les ventes d’atrazine, un puissant herbicide jugé parmi les plus risqués, avaient diminué de 40 % depuis que le produit est seulement offert sur prescription.

L’UPA estime que les agronomes ne devraient plus à la fois prescrire et vendre des pesticides.

« Ça doit être entièrement séparé », a tranché M. Groleau. Il s’interroge également sur la pertinence pour son organisation de financer les centres de recherches, un rôle que le gouvernement leur a demandé de jouer lorsqu’il s’est désengagé au début des années 2000.

La commission a entendu 27 groupes avec l’ajout à la dernière minute de l’Union paysanne jeudi avant-midi. Ses recommandations sont attendues et risquent de mener à une réduction de l’usage des pesticides, a reconnu le député caquiste Richard Campeau.

1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 27 septembre 2019 08 h 34

    voila ou nous en sommes rendus

    je crois que c'est a peine un minimun si nous voulons survivre,voila ou nous en sommes rendus