La Côte-Nord demande son «premier lien»

Le scandale entourant la livraison du traversier <em>F-A-Gauthier</em> a renforcé les appuis en faveur de la construction d’un pont reliant Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le scandale entourant la livraison du traversier F-A-Gauthier a renforcé les appuis en faveur de la construction d’un pont reliant Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine.

Pendant que Québec réclame son troisième lien, les élus de la Côte-Nord pressent le gouvernement de financer leur « premier lien » et d’agir plus rapidement dans le dossier du projet de pont entre Baie-Sainte-Catherine et Tadoussac.

« Si ça ne se passe maintenant, ça ne se passera pas », a déclaré le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, jeudi matin lors d’un point de presse à Québec, avec plusieurs autres élus de la région.

« Notre premier lien n’est pas complété », a poursuivi M. Porlier en compagnie notamment du préfet de la MRC de la Manicouagan, Marcel Furlong, et de celui de Charlevoix-Est, Sylvain Tremblay.

« C’est la première fois que la Côte-Nord est aussi unie derrière le désenclavement de la [région] », a-t-il aussi fait valoir.

Les élus de la région voudraient que le gouvernement du Québec profite des élections fédérales pour réclamer l’aide d’Ottawa afin de financer le projet.

« C’est bien beau fournir des ressources naturelles depuis toutes ces décennies-là. Mais là, il est grand temps d’avoir le retour du balancier. »

Des propos du premier ministre inquiètent

Le projet est inscrit au Plan québécois des infrastructures, mais le premier ministre François Legault l’a récemment mis en doute, déplorent les élus.

M. Legault a déclaré à la mi-septembre que le nombre de voitures qui circuleraient sur un pont entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine ne serait pas suffisant pour justifier les centaines de millions de dollars nécessaires au projet.

Puis cette semaine, le ministre des Transports, François Bonnardel, a déclaré pour sa part que la porte n’était « pas fermée » à ce projet.

La Société du Pont du Saguenay, qui milite pour la réalisation du projet, évalue à 300 millions de dollars les coûts, mais le bureau de projet créé par le gouvernement n’a pas encore rendu publiques ses propres estimations.

L’idée d’un tel pont n’est pas nouvelle sur la Côte-Nord, mais le mouvement en sa faveur a pris de l’ampleur, ces derniers mois, en raison des nombreuses pannes de traversiers et du scandale entourant la livraison du F-A-Gauthier.