Le Bloc réclame d’Ottawa qu’il donne accès au REER aux sinistrés

M. Blanchet a dénoncé la lenteur d’Ottawa à s’avancer sur les projets de développement du transport en commun dans l’Est métropolitain et sur les sommes requises pour la décontamination des terrains de ce secteur.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne M. Blanchet a dénoncé la lenteur d’Ottawa à s’avancer sur les projets de développement du transport en commun dans l’Est métropolitain et sur les sommes requises pour la décontamination des terrains de ce secteur.

Le Bloc québécois demandera au gouvernement fédéral de permettre aux sinistrés d’inondations imputables aux changements climatiques de puiser dans leur REER pour les travaux de réparation, de restauration ou de rénovation de leurs résidences endommagées, et ce, sans pénalité fiscale et sous réserve d’un remboursement dans les 15 ans.

De passage à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, vendredi, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a aussi proposé que ceux dont les maisons sont condamnées à la suite de tels sinistres puissent avoir droit au Régime d’accès à la propriété selon les mêmes critères.

« Il s’agit d’une démarche qui est à la fois empreinte d’une grande compassion, dont nous avons grand besoin dans ce genre de circonstances et aussi d’un sens des responsabilités dont nous sommes convaincus qu’il saura interpeller tous les partis à la Chambre des communes afin que de telles mesures puissent être mises en oeuvre rapidement », a-t-il dit après avoir rencontré des citoyens durement affectés par les inondations du printemps dernier dans cette municipalité.

Le Bloc demande également à ce que ces deux mesures soient rétroactives au 6 mai 2017 pour couvrir les victimes des inondations d’il y a deux ans.

Sinistres et changements climatiques

La démarche amène toutefois la formation souverainiste fédérale sur un terrain glissant, c’est-à-dire que les sinistrés devront établir « de façon raisonnablement démontrable » que les dommages qu’ils ont subis sont liés aux changements climatiques.

Le chef bloquiste n’a pas cherché à éviter l’écueil. « On anticipe très bien les entourloupettes réglementaires qui pourraient apparaître. Il n’y a de besoin que d’une démonstration raisonnable et non d’une certitude scientifique qui n’existe pas à ce stade-ci », a-t-il tempéré.

Il souhaite aussi aller plus loin dans la lutte contre ces changements climatiques, évoquant la « certitude d’une probabilité élevée qu’il y a une augmentation dans l’intensité et la fréquence des événements (climatiques) extrêmes ».

Loi sur les cibles de GES

Il propose donc une loi obligeant Ottawa à respecter ses propres cibles en matière de réduction des gaz à effet de serre.

Pourquoi ? Parce que les gouvernements ont la promesse plus facile que la réalisation en telle matière, dit-il.

« Ça fait 30 ans que le Canada se fixe des cibles et qu’il ne passe même pas proche de les rencontrer. Alors à un moment donné, il faut faire quelque chose. »

Le chef bloquiste espère ainsi piéger le prochain gouvernement et les oppositions avec leurs promesses.

« Je vois mal comment des partis à la Chambre des communes pourraient être contre l’inscription dans une loi d’objectifs qu’ils se sont eux-mêmes fixés », a-t-il fait valoir.

Cette loi contiendrait une prescription pour qu’elle soit reconduite avec de nouveaux objectifs tous les quatre ans « pour avoir des conversations à chaque campagne sur ce que fait ou ne fait pas le gouvernement canadien en matière de lutte aux changements climatiques ».

Rapatrier le butin des infrastructures

Plus tôt dans la journée, à Montréal, M. Blanchet avait promis de réclamer du gouvernement fédéral qu’il transfère au Québec les fonds destinés aux infrastructures sur son territoire.

Le chef bloquiste a dénoncé la tendance des gouvernements fédéraux successifs à garder le contrôle de ces fonds et à imposer des conditions pour leur versement.

« Historiquement, le gouvernement fédéral s’accapare des sommes qui devraient être à Québec, garde les sommes qui devraient être à Québec, met des conditions pour le renvoi des sommes qui devraient être à Québec, tant et si bien que ça met du sable dans l’engrenage », a-t-il affirmé.

« À des fins d’efficacité, à des fins d’équité, à des fins de rapidité, faites en sorte que l’argent qui doit aller au gouvernement du Québec qui, lui, va s’entendre d’égal à égal dans une relation saine avec les municipalités et les gens de développement économique et les Chambres de commerce, transférez l’argent. Laissez les gens faire leur travail à partir de ce que sont leurs besoins », a plaidé le chef bloquiste.

Alors qu’il se trouvait dans l’est de Montréal, il a ainsi dénoncé la lenteur d’Ottawa à s’avancer sur les projets de développement du transport en commun dans ce secteur mal desservi de la métropole et sur les sommes requises pour la décontamination des terrains de ce secteur.

Dans ce dernier cas, par exemple, il a souligné l’engagement du gouvernement provincial à investir 200 millions pour la décontamination alors que la contribution fédérale se fait attendre. M. Blanchet demande à Ottawa de s’engager à y investir au moins l’équivalent.