Québec veut faire des économies en abolissant le CSPQ

Le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé

Le Centre des services partagés du Québec (CSPQ), blâmé au cours des dernières années pour ses ratés en informatique, sera aboli et remplacé par deux nouvelles entités. Le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, espère ainsi engendrer des économies de 295 millions de dollars par année à la fin du premier mandat caquiste.

« Lorsqu’on regroupe les achats, on peut avoir des escomptes assez importants sans nécessairement obliger les gens à acheter des volumes dont ils n’ont pas besoin », a-t-il expliqué. On s’est retrouvé avec des inventaires d’ordinateurs qui n’étaient pas nécessaires et, un an plus tard, cet ordinateur-là n’est pas aussi approprié. »

M. Dubé a déposé un volumineux projet de loi mercredi pour créer ces deux nouvelles entités en janvier 2020. Il a dit espérer avoir la collaboration des partis d’opposition. Le CSPQ, qui fournit des services de soutien administratif au gouvernement, sera remplacé par Infrastructures technologiques Québec (ITQ) et le Centre d’acquisitions gouvernementales (CAG). L’ITQ assurera, entre autres, la gestion des trois centres de données où seront stockées les informations sensibles détenues par le gouvernement. Le reste des données, environ 80 %, sera confié au secteur privé dans le cadre de la consolidation des centres de données gouvernementaux. Le CAG, qui sera responsable des achats regroupés de tous les ministères et organismes dont ceux de la Santé et de l’Éducation. Les achats de biens et services pour l’ensemble de l’appareil gouvernemental oscillent entre 8 et 9 milliards de dollars annuellement.

La vérificatrice générale avait écorché le CSPQ, en 2016, après avoir passé en revue deux mégacontrats d’achats regroupés de matériel informatique. Elle avait noté que le CSPQ avait acquis du matériel informatique à un prix supérieur offert par le fabricant et avait dénoncé le manque de rigueur et d’imputabilité de l’organisme. Cette nouvelle structure devrait aussi éviter de revivre la saga des controversés tableaux blancs interactifs que l’ex-premier ministre Jean Charest avait imposés dans les écoles.

« Est-ce que c’est au premier ministre du Québec de décider que dans le réseau de l’éducation tout le monde a besoin de tableaux blancs, a donné en exemple le ministre responsable de la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire. C’est la prérogative des ministères et organismes de définir leurs besoins et ce n’est pas à cette espèce d’entité suprême de définir de quoi ils ont besoin ou non. Une fois que le besoin a été établi, après ça on regarde comment on peut faire des économies d’échelles, comment on peut donner des services communs, comment on peut être plus efficaces. »