Marche pour le climat: Québec solidaire échoue à faire suspendre les travaux parlementaires

Québec solidaire proposé de libérer les élus de leurs obligations pour leur permettre de participer à la grande marche pour le climat, tenue dans les rues de Montréal et ailleurs au Québec. Sur la photo, la marche des jeunes pour le climat de mars dernier
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Québec solidaire proposé de libérer les élus de leurs obligations pour leur permettre de participer à la grande marche pour le climat, tenue dans les rues de Montréal et ailleurs au Québec. Sur la photo, la marche des jeunes pour le climat de mars dernier

Les travaux parlementaires ne seront pas suspendus à l’Assemblée nationale le 27 septembre, jour de la grande marche pour le climat, contrairement à ce que souhaitait Québec solidaire (QS). Les trois autres formations politiques ont jugé que ce n’était pas une bonne idée.

Le gouvernement Legault n’a donc pas donné suite à la proposition lancée dimanche par la porte-parole solidaire, Manon Massé. L’opposition libérale et l’opposition péquiste non plus.

Québec solidaire avait expédié une lettre aux trois autres groupes parlementaires en vue de leur proposer de suspendre les travaux parlementaires le vendredi 27 septembre, pour libérer les élus de leurs obligations et ainsi leur permettre de participer à la grande marche pour le climat, tenue dans les rues de Montréal et ailleurs au Québec.

À Montréal, la manifestation, qui vise à lutter contre les changements climatiques, attirera la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg, figure emblématique mondiale de la cause environnementale.

Mais Québec solidaire ne s’avoue pas vaincu pour autant et entend bien revenir à la charge dans les prochains jours. «Au courant de la semaine, on va déposer une motion pour relancer l’idée», a commenté le leader parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, en conférence de presse, lundi, en marge d’un caucus de deux jours des 10 députés solidaires.

Les oppositions mécontentes

L’opposition libérale qualifie l’initiative de QS d’«opération marketing».

Pendant ce temps, «on dévie de l’enjeu réel qui est l’inaction de la CAQ en matière de lutte aux changements climatiques», a commenté la porte-parole libérale en matière d’environnement, la députée Marie Montpetit, qui entend bien pour sa part défiler dans les rues de Montréal le 27 septembre.

Le Parti québécois (PQ) n’a quant à lui pas du tout apprécié la façon de procéder de QS dans ce dossier. Selon le chef péquiste par intérim, Pascal Bérubé, QS cherche à «instrumentaliser» l’enjeu environnemental pour servir ses intérêts partisans. Il dit s’être senti piégé par la proposition de Mme Massé.

Car «si on ne répond pas positivement [à la proposition des solidaires], on est moins vertueux qu’eux», ce qui n’est pas le cas, a-t-il dit en conférence de presse, à la veille de la reprise des travaux parlementaires à l’Assemblée nationale. Le PQ aurait préféré que QS cherche d’abord à obtenir l’adhésion des autres partis avant de rendre public son projet.

La porte-parole solidaire, Manon Massé, réplique avoir voulu simplement se faire l’écho de quantité de jeunes écologistes qui l’exhortent à agir pour sensibiliser les leaders politiques. Ce n’est pas de «l’opportunisme» politique, a plaidé Mme Massé, en conférence de presse. «L’idée de lancer une idée, ce n’est pas mauvais en soi», a-t-elle dit.

Dimanche, elle disait espérer que les 125 parlementaires — incluant le premier ministre François Legault — se joindront à la manifestation, en guise de solidarité avec tous ceux qui descendront dans la rue ce jour-là, au Québec et partout sur la planète, pour afficher leur détermination à lutter contre la crise climatique.

Pour bien marquer le coup, le parti souhaiterait aussi que les employés de l’Assemblée nationale puissent participer à la marche sans subir de pénalité.