Le PQ exhorte Legault à faire des demandes électorales

«On est en pleine élection fédérale, c'est l'occasion toute désignée pour le gouvernement du Québec de nous faire part de ses revendications à l'égard du Canada», a déclaré le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «On est en pleine élection fédérale, c'est l'occasion toute désignée pour le gouvernement du Québec de nous faire part de ses revendications à l'égard du Canada», a déclaré le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé.

Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, exhorte le premier ministre François Legault à jouer le rapport de force contre les partis politiques fédéraux.

« On est en pleine élection fédérale, c’est l’occasion toute désignée pour le gouvernement du Québec de nous faire part de ses revendications à l’égard du Canada », a-t-il déclaré à la veille de la reprise des travaux parlementaires. Qui plus est, M. Legault dirige un « gouvernement neuf qui a un rapport de force qu’il peut mettre à contribution », a-t-il ajouté.

Le PQ a effectué le suivi des principales revendications autonomistes de la Coalition avenir Québec contenues dans le document Nouveau projet pour les nationalistes du Québec, qui avait été présenté aux délégués de la CAQ à l’automne 2015.

M. Legault y avait inscrit une vingtaine de « propositions » pour établir une « nouvelle relation entre le Québec et le Canada ». Il demandait notamment à Ottawa de transférer aux provinces une partie de son assiette fiscale, d’accroître les transferts en tenant compte du vieillissement de la population, d’autoriser le Québec à établir une déclaration de revenus unique, de transférer les budgets fédéraux en culture et d’appliquer la loi 101 aux entreprises à charte fédérale.

« Qu’en est-il de ce plan-là ? » a demandé la députée de Joliette, Véronique Hivon, lundi.

Au printemps dernier, la ministre responsable des Relations canadiennes, Sonia LeBel, avait souligné que la priorité du gouvernement caquiste était de procéder au « rapatriement de certaines compétences en immigration ».

Par ailleurs, le PQ met au défi le chef du « gouvernement autoproclamé nationaliste », François Legault, de préciser sa vision de l’« avenir du Québec à l’intérieur du Canada ». « Quels sont les avantages du régime fédératif canadien pour les Québécois ? Pourquoi avoir renoncé à un changement de régime et vouloir rester [au sein du Canada] ? Quels sont les intérêts et comment les ambitions du Québec peuvent-elles trouver des réponses dans ce cadre-là? », a demandé Mme Hivon.

Québec solidaire refuse pour sa part de se mêler de la campagne électorale fédérale. « Québec solidaire ne s’occupe pas de l’élection fédérale. Les citoyens, citoyennes feront leur choix, Québec solidaire ne s’en mêlera pas, alors pas plus aujourd’hui que pour la suite des choses », a répété la chef parlementaire Manon Massé, lundi.

Cela dit, QS demande ― comme tous les autres partis à l’Assemblée nationale ― de ne pas contester la Loi sur la laïcité de l’État devant les tribunaux.

De son côté, le Parti libéral du Québec presse notamment les formations politiques fédérales de s’engager à hausser les compensations versées aux producteurs agricoles ébranlés par les récents accords commerciaux internationaux signés avec l’Europe et l’Asie, de taxer les géants du Web et d’accroître les transferts aux provinces en matière de santé.


« Instrumentaliser » l'environnement

Pascal Bérubé a reproché lundi à Québec solidaire d’« instrumentaliser » la manifestation mondiale pour le climat du 27 septembre prochain « à son profit politique ». « Je le dis en tout respect : ça appartient à tout le monde, l'environnement. Tout le monde est préoccupé », a-t-il affirmé en conférence de presse. Contrairement à QS, le PQ refuse de suspendre les travaux à l’Assemblée nationale le vendredi 27 septembre afin de permettre à tous les élus et employés du Parlement de battre le pavé aux côtés de la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg. QS s’évertue à se faire « l’écho de ce que veulent les jeunes du Québec », a fait valoir Manon Massé.