Fonction publique: les surplus ne sont pas pour les syndicats, prévient Legault

François Legault n’a pas attendu le début des négiations avec la fonction publique québécoise pour montrer ses couleurs.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne François Legault n’a pas attendu le début des négiations avec la fonction publique québécoise pour montrer ses couleurs.

Le premier ministre François Legault a lancé un signal vendredi aux syndicats en prévision des négociations pour les employés des secteurs publics et parapublics : ils ne doivent pas s’attendre à obtenir une augmentation au-delà de l’inflation.

« Les surplus n’appartiennent pas aux syndicats, a-t-il affirmé en conférence de presse. Ils appartiennent aux Québécois, et moi, j’ai promis de remettre beaucoup d’argent dans le portefeuille des Québécois. »

Seuls les préposés aux bénéficiaires et les enseignants pourront espérer obtenir davantage pour palier la pénurie de personnel. « Ça sera une première, a-t-il dit. Moi, j’ai déjà été au gouvernement. Ça fait longtemps que je suis favorable à des augmentations différenciées qui tiennent compte, entre autres, de la réalité du marché. »

Il veut ainsi déroger à « l’habitude qu’on a au Québec, le grand soir dans le bureau du premier ministre à 2 h du matin », d’augmenter tous les employés des secteurs public et parapublic de 2 ou 3 % sans tenir compte des difficultés de recrutement.

Ces augmentations différenciées couplées à ses autres promesses font fondre les surplus du gouvernement. « Donc, une fois qu’on a dit ça, il n’y a pas de marge de manoeuvre, il faut essayer de s’en tenir à peu près à l’inflation, a souligné M. Legault. Et il n’est pas question de reculer sur la baisse de la taxe scolaire et sur la nouvelle allocation famille pour les deuxième et troisième enfants. » Le taux d’inflation au Québec en juillet dépassait de peu les 2 %.

Les propos du premier ministre laissent présager un affrontement cet automne entre les syndicats et le gouvernement. Le Syndicat de la fonction publique et parapublique (SFPQ) considère qu’un « rattrapage salarial pour les employés de l’État est incontournable ».

« Le premier ministre défendait, il y a quelques mois, les augmentations de salaire importantes des dirigeants de sociétés d’État, a remarqué son président, Christian Daigle. Pourquoi pense-t-il que ses petits salariés méritent moins ? Les négociations ne sont même pas commencées. Pourtant, il semble penser qu’elles sont déjà terminées : il pourrait être surpris ! » Les conventions collectives arrivent à échéance le 31 mars 2020.

Référendum ou pas ?

La réforme du mode de scrutin demeure à l’ordre du jour pour la reprise des travaux parlementaires mardi, mais M. Legault a dit ne pas exclure l’idée de tenir un référendum sur la question. « Ce n’est jamais une mauvaise idée de consulter la population », a-t-il indiqué. Le premier ministre québécois fera-t-il comme Justin Trudeau, qui n’a pas respecté sa promesse électorale ?

« Non, je pense que c’est historique qu’un chef de parti, qui, en plus, est dans un gouvernement majoritaire, dépose un projet de loi qui propose aux Québécois de mettre en place un mode de scrutin proportionnel mixte, a-t-il répondu à la question du Devoir. Je pense que c’est très loin de l’exemple que vous mentionnez. »

Contrairement à la ministre Sonia LeBel la veille, il ne s’est pas avancé sur le mode de scrutin qui serait utilisé lors des prochaines élections québécoises en 2022. « Il est trop tôt pour répondre à votre question », a-t-il dit.

Le premier ministre promet un calendrier parlementaire chargé pour l’automne. « On ne va pas s’asseoir sur notre steak dans les prochains mois », a-t-il déclaré pour conclure les deux jours de réunion de son aile parlementaire à Rivière-du-Loup vendredi. Il a ajouté deux priorités, la culture et l’environnement, à celles qu’il avait déjà énoncées, soit l’éducation, la santé et l’économie. « Les changements ne font que commencer », a-t-il souligné.