Aide médicale à mourir: Legault n’exclut pas d’interjeter appel

<p>«On n’exclut rien parce qu’il est trop tôt jusqu’à présent», a indiqué le premier ministre François Legault.</p>
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne

«On n’exclut rien parce qu’il est trop tôt jusqu’à présent», a indiqué le premier ministre François Legault.

Le gouvernement Legault n’écarte pas de porter en appel le récent jugement de la Cour supérieure sur l’aide médicale à mourir, même s’il songe à en élargir l’accès.

« On n’exclut rien parce qu’il est trop tôt jusqu’à présent », a indiqué le premier ministre François Legault, jeudi, au premier jour de la réunion de son aile parlementaire.

« Vous le savez, on avait déjà dit qu’on voulait, de façon non partisane, examiner l’élargissement de l’aide à mourir, par exemple dans des cas où on n’est pas en fin de vie, a-t-il précisé. Est-ce qu’on conclura qu’il faut aller là ou non, et puis dépendamment de l’orientation qu’on prendra, on pourra décider ou non si on [interjette] appel. »

Dans sa décision rendue la veille, la juge Christine Beaudoin déclare inconstitutionnels certains des critères élaborés par les gouvernements québécois et fédéral. Elle accorde ainsi l’aide médicale à mourir aux personnes qui éprouvent des souffrances graves et intolérables, qu’elles soient physiques ou psychologiques, et ce, même si ces personnes ne sont pas en fin de vie comme le stipule la loi québécoise, ou que leur mort n’est pas raisonnablement prévisible en vertu du critère fédéral.

L’élue libérale Christine St-Pierre demande un vote libre sur tout projet de loi éventuel visant à élargir l’accès à l’aide médicale à mourir. Les 125 députés doivent jouir de la liberté de se prononcer selon leur conscience « sur ces questions-là, toujours, toujours, toujours », a-t-elle fait valoir jeudi dans une mêlée de presse.

En juin 2014, Mme St-Pierre faisait partie des 22 élus qui avaient voté contre le projet de loi concernant les soins de fin de vie. « Sur le plan moral, j’avais beaucoup de difficulté avec ça », a-t-elle rappelé en marge d’une séance de travail des élus libéraux à Bromont. « Cette loi-là me troublait énormément. Je craignais des dérapages : des personnes qui se sentiraient obligées de demander l’aide médicale à mourir parce que leurs enfants trouvent qu’il est temps qu’elles partent », a-t-elle poursuivi.

L’ex-ministre dit avoir « beaucoup, beaucoup cheminé » au fil des cinq dernières années, si bien qu’elle appuie largement la loi 52 aujourd’hui. À ses yeux, il y a un « débat à faire » sur l’élargissement de l’aide médicale à mourir aux personnes atteintes de diverses formes de démence et de pertes cognitives. « Il faut même réfléchir à la question des personnes qui ont un diagnostic de maladie dégénérative grave même qui les amène à devenir presque des légumes », a-t-elle affirmé.

Mme St-Pierre appelle du même souffle le gouvernement caquiste à « mettre l’accent davantage » sur l’offre de soins palliatifs, notamment dans les centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD). « [Il faut] s’assurer que l’aide médicale à mourir ne devienne pas une manière de vider des CHSLD et des maisons de personnes âgées », a-t-elle ajouté.

La ministre de la Santé, Danielle McCann, a reçu en juin le rapport d’un groupe d’experts sur l’élargissement des critères d’accès pour l’aide médicale à mourir. Il recommande à l’État de reconnaître la formulation d’une demande anticipée, par exemple en prévision d’une maladie dégénérative incurable.