Pierre Arcand invite les sociétés d’État à dire simplement «bonjour» à leurs clients

Pierre Arcand réagissait aux hauts cris poussés par des clients montréalais de la SAQ après avoir été salués d’un « Bonjour<em> Hi </em>».
Photo: Michaël Monnier Archives Le Devoir Pierre Arcand réagissait aux hauts cris poussés par des clients montréalais de la SAQ après avoir été salués d’un « Bonjour Hi ».

Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand, invite les sociétés d’État, comme la Société des alcools du Québec (SAQ), à accueillir leurs clients au moyen « essentiellement [d’un] « bonjour », sauf dans les cas où il y a une clientèle anglophone importante ».

Il a dit mercredi avant-midi se fier au « jugement » des commerçants. « C’est une question de jugement, mais la priorité doit être le bonjour, évidemment. […] Si vous êtes au Lac-Saint-Jean, ce n’est peut-être pas nécessaire [de dire « bonjour-hi »]. Si vous êtes dans le West Island, c’est peut-être un peu plus [nécessaire] », a dit l’élu libéral, en marge d’une séance de travail des élus libéraux en prévision de la reprise des travaux parlementaires.

M. Arcand réagissait aux hauts cris poussés par des clients montréalais de la SAQ après avoir été salués d’un « bonjour-hi ». « La Société des alcools du Québec est un organisme gouvernemental qui doit prêcher par l’exemple. Ça devrait être essentiellement « bonjour », sauf dans les cas où il y a une clientèle anglophone importante », a-t-il affirmé dans une mêlée de presse.

Pour le premier ministre François Legault, il n’y pas de place pour le « hi » dans les salutations d’usage. « Moi, j’envoie un message clair à nos sociétés d’État : elles doivent montrer l’exemple et les clients, que ça soit à la SAQ ou n’importe quelle autre société d’État, doivent être accueillis par un « bonjour ». Point final. »

Son ministre des Finances, Éric Girard, n’a toutefois pas l’intention d’émettre de directive en ce sens même si le « bonjour-hi » l’agace. « La SAQ respecte la loi 101 et va gérer cette situation-là », a-t-il fait valoir.

À l’automne 2017, l’Assemblée nationale avait invité tous les commerçants à saluer « chaleureusement » leur clientèle d’un « bonjour », soit « un des mots de la langue française les plus connus chez les non-francophones du monde » et « exprim[ant] magnifiquement la convivialité québécoise ». Ils avaient adopté une motion rédigée conjointement par Jean-François Lisée et Philippe Couillard, réaffirmant notamment « à tous que le français est la langue officielle et commune du Québec ». La communauté anglophone s’en était offusquée.

« Une motion, ce n’est pas une loi, c’est une suggestion », a souligné la députée de Westmount–Saint-Louis, Jennifer Maccarone, mercredi matin. « Bonjour, on n’a rien contre ça, c’est bien, mais ça n’empêche pas les gens de dire « marhaba », « ni hao », « Salaam-Alaikum ». On a plusieurs façons d’accueillir les gens, c’est Montréal, c’est toutes les communautés culturelles. C’est la façon de travailler aussi [puisqu’on] veut faire des ventes », a-t-elle ajouté.

Attention, la motion adoptée par le Parlement est « est plus qu’une suggestion », a fait valoir la candidate à la direction du PLQ Dominique Anglade. « C’est un message qu’on envoie. Ce sont les élus qui envoient un message. »

Avec Mylène Crête