Propos controversés: François Legault défend Geneviève Guilbault

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault
Photo: Justin Tang Archives La Presse canadienne La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault

Le premier ministre François Legault a soutenu sa ministre Geneviève Guilbault, quelques heures après que celle-ci se soit excusée pour des propos controversés sur d’ex-employés. Il a ridiculisé la demande des libéraux de changer de ministre à la tête de la Sécurité publique.

« Ben voyons, donc, s’est-il exclamé en mêlée de presse. Je sais que les libéraux ça leur en prend beaucoup pour tasser des personnes qui ne sont pas nécessairement les bonnes personnes pour accomplir les bonnes tâches. Il y a beaucoup de petits amis chez les libéraux. On a vu beaucoup de corruption, nous, ce n’est pas comme ça qu’on marche. On s’assure d’avoir les personnes les plus compétentes pour faire les jobs qui sont prévues. »

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a fait son mea culpa mercredi avant-midi après avoir tenu des propos controversés sur d’ex-employés. Questionnée par les journalistes deux jours plus tôt sur le départ de quatre personnes au sein de son cabinet, elle avait affirmé qu’elle les avait congédiés parce qu’ils n’avaient pas la capacité de suivre le rythme de travail.

« J’aurais dû employer d’autres termes pour décrire la situation, alors je m’en excuse auprès des gens qui ont pu se sentir offensés, notamment Mme Aubé, a-t-elle dit à l’entrée du Conseil des ministres. Les gens qui me connaissent savent que j’ai toujours traité mes collègues respectueusement et que je ne suis pas du genre à m’exprimer de manière inconvenante à l’endroit de qui que ce soit. »

Le Journal de Montréal avait fait état, jeudi dernier, du départ du directeur de cabinet de Mme Guilbault, Alain Lavigne, d’un conseiller, Pierre-Paul Côté, ainsi que de l’attachée politique Jacqueline Aubé.

« Contrairement à ce qui a été affirmé, je n’ai pas perdu d’employés, mais bien fait le choix de m’en départir, avait répondu Mme Guilbault lundi à la question d’un journaliste sur ces départs. La compétence pour moi et les capacités de travail, c’est primordial. Vous connaissez tous le rythme effréné de la politique en 2019, le travail qu’on peut faire en cabinet, ça prend des gens qui ont la capacité de suivre ce rythme-là et malheureusement, certaines personnes n’avaient pas ces capacités, ce pour quoi je les ai congédiées. »

« À nous trois, nous avons 21 ans d’expérience politique », s’était défendue Jacqueline Aubé le jour même dans un message envoyé à La Presse canadienne. Elle a fait valoir qu’ils avaient travaillé pour différents ministres péquistes au cours des années, soit Roger Bertrand, Pauline Marois, Bernard Landry, Jacques Parizeau, Gilles Baril, Serge Ménard, Paul Bégin, Stéphane Bergeron.

Le premier ministre Legault a défendu sa ministre mercredi. « Mme Guilbault a voulu apporter des précisions, a-t-il dit. Elle est peut-être allée un petit peu fort, mais je pense que c’était du côté de la vérité. »

Il est normal, selon lui, que ses ministres y soient allés par « essai-erreur » dans l’embauche de leur personnel politique étant donné que son parti n’avait jamais formé de gouvernement auparavant. « Dans le cas de Geneviève Guilbault, il y a des personnes qui ne répondaient pas à ses attentes, a-t-il continué. Elle a dit elle-même qu’elle regrettait certains mots qui ont été utilisés, mais je trouve ça tout à fait normal. Le contraire m’inquiéterait. »

Les propos de Geneviève Guilbault avaient soulevé les critiques et la controverse collait depuis à la peau de la ministre qui avait jusque-là une fiche presque parfaite. Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand, a demandé mercredi avant-midi au premier ministre François Legault de « reprendre le dossier de la sécurité publique en main ». De « sérieux problèmes » minent le fonctionnement du cabinet de la ministre Geneviève Guilbault, se désolait-il en marge d’un caucus présessionnel de son groupe parlementaire à Bromont. « Il y a des problèmes de gestion. » M. Arcand s’est notamment plaint de l’absence de commissaire à la lutte contre la corruption près d’un an après la démission surprise de Robert Lafrenière et de la mise à l’écart du directeur général de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme, « sans savoir pourquoi ».

Avec Marco Bélair-Cirino et La Presse canadienne