Loi sur la laïcité: «Je n’ai pas à dicter ce que le gouvernement fédéral doit faire», dit Pierre Arcand

Le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand.

Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand, refuse de se mêler du débat opposant les partis politiques fédéraux sur une éventuelle contestation de la Loi sur la laïcité de l’État du Québec.

« Je n’ai pas à dicter ce que le gouvernement fédéral doit faire », a-t-il déclaré en marge d’un caucus présessionnel de son groupe parlementaire à Bromont, mercredi.

L’élu fédéral Mark Miller, qui brigue une nouvelle fois les suffrages sous la bannière du Parti libéral du Canada, a prédit un appui, « en temps et lieu », de l’équipe de Justin Trudeau aux contestations judiciaires de la loi 21, qui interdit le port de signes religieux chez des employés de l’État québécois. « Vous pouvez vous attendre à ce que le premier ministre réponde aux attentes des Canadiens et qu’il défende la Charte », a affirmé le député de la circonscription fédérale de Ville-Marie–Le Sud-Ouest–L’Île-des-Sœurs au micro de l’émission The House diffusée sur les ondes de CBC radio samedi dernier.


Le chef du PLC, Justin Trudeau, a dit mercredi être « content » de voir des Québécois contester la constitutionnalité de la loi 21 devant les tribunaux. S’il est reporté au pouvoir le 21 octobre prochain, il promet de « faire toujours le nécessaire pour protéger les droits fondamentaux » des Canadiens. « Ce serait contre-productif d’intervenir à ce moment-ci », a-t-il précisé après avoir lancé sa campagne électorale.


Pierre Arcand, qui est chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale, ne dissuade pas Ottawa de chercher à invalider la loi québécoise sur la laïcité de l’État. « La loi est passée ici au Québec. Ce sera au gouvernement fédéral à prendre ses décisions, quel qu’il soit », a-t-il dit en mêlée de presse.

Une question québécoise, selon Anglade

La candidate à la direction du PLQ Dominique Anglade demande pour sa part à la classe politique fédérale de ne pas s’immiscer dans cette « question » québécoise. « Sur ça, on a été très clairs, ce sont des questions qui sont discutées au Québec, on peut ne pas être d’accord ― comme ç’a été le cas du Parti libéral [du Québec] ―, mais c’est le Québec qui doit décider au Québec », a-t-elle affirmé sans détour.

Le député de La Pinière, Gaétan Barrette, entend quant à lui laisser les partis politiques fédéraux « faire leurs choix », puis les voir « se faire élire ou perdre ». « Sur ce dossier-là, qui peut être un dossier qui peut être chaud dans la campagne, on “peut-tu” le laisser aux politiciens fédéraux ? Qu’ils fassent leurs débats, puis on n’embarquera pas là-dedans. Et on verra bien comment ça va finir », a-t-il lancé à la presse.

Le PLQ presse notamment les formations politiques fédérales à s’engager à hausser les compensations versées aux producteurs agricoles ébranlés par les récents accords commerciaux internationaux signés avec l’Europe et l’Asie, de taxer les géants du Web et d’accroître les transferts aux provinces en matière de santé.

LE COURRIER DE LA COLLINE

Chaque jeudi, l'équipe du Devoir à Québec résume l'essentiel de la semaine parlementaire. Retrouvez aussi la note de Michel David, notre chroniqueur politique. Inscrivez-vous, c'est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.