Guilbault veut mettre fin à la crise de confiance ébranlant la police

«Il faut avoir une réflexion plus large sur les questions policières au Québec. Il faut le faire de façon approfondie. Il faut le faire de façon factuelle. Il faut le faire de façon transpartisane», a déclaré la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Il faut avoir une réflexion plus large sur les questions policières au Québec. Il faut le faire de façon approfondie. Il faut le faire de façon factuelle. Il faut le faire de façon transpartisane», a déclaré la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, promet de lancer un « chantier » visant à rétablir la confiance du citoyen dans les corps policiers, dont au premier chef l’Unité permanente anticorruption (UPAC) et la Sûreté du Québec (SQ).

« Il faut avoir une réflexion plus large sur, je dirais, les questions policières au Québec. Il faut le faire de façon approfondie. Il faut le faire de façon factuelle. Il faut le faire de façon transpartisane », a-t-elle déclaré lors d’une mêlée de presse lundi.

Mme Guilbault avait été questionnée sur les allégations de mauvaises pratiques au sein de l’UPAQ et à la SQ. « Je peux vous dire que je travaille très fort sur toute cette situation-là, que ce soit l’UPAC, à la Sûreté du Québec, que ce soient toutes les affaires policières en général, je travaille, moi, depuis plusieurs mois déjà sur ce que j’appellerais un “chantier” ou une “réflexion”», a-t-elle affirmé, avant d’ajouter : Ce « chantier », ou cette « réflexion », dont elle s’engage à annoncer les modalités « dans les prochaines semaines » débouchera sur des « solutions plus permanentes et globales ».

Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, invite le gouvernement caquiste à s’interroger sur la possibilité de mettre en branle une commission d’enquête calquée sur celle présidée par Lawrence Poitras à la fin des années 1990. La commission Poitras était chargée d’examiner notamment les pratiques ayant cours en matière d’enquêtes criminelles à la SQ ainsi que les pratiques ayant cours en matière d’enquêtes internes : « la conduite de ses membres, la manière dont les enquêteurs sont supervisés et appuyés par les officiers supérieurs, les entraves et difficultés pouvant survenir au cours de telles enquêtes ». « Je me pose la question si vingt ans après la commission Poitras, on ne devait pas tenir un grand exercice sur la police au Québec et ses rapports avec le pouvoir », avait affirmé M. Bérubé à l’issue d’une séance de travail de son groupe parlementaire, jeudi dernier.

La tenue d’une commission d’enquête non seulement sur les pratiques de la SQ, mais aussi sur celles de l’UPAC, du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), comme l’a évoqué Pascal Bérubé la semaine dernière, n’est pas dans les cartons de la ministre Guilbault, a indiqué un membre de sa garde rapprochée lundi.

Pourtant, des « luttes de clans » déchirent les corps de police, avait souligné l’élu péquiste. Et dans les rangs du DPCP ? « On se questionne sur sa relation avec la police », avait répondu M. Bérubé.

« Je suis parfaitement consciente de tout ce qui se passe, de tout ce qu’il se dit. Il n’y a personne qui est aveugle ou qui a la tête dans le sable chez nous », a insisté Mme Guilbault lundi. « Je partage et comprends l’impatience des Québécois qui entendent toutes sortes d’histoires depuis des mois », a-t-elle poursuivi.

Pour l’heure, la ministre de la Sécurité publique s’affaire à ce que soit nommé « au plus vite », ou plus précisément en octobre, le nouveau commissaire à la lutte contre la corruption. Mme Guilbault s’attend à ce que le comité de sélection lui remette très prochainement son rapport renfermant la liste des candidats — au moins deux — qu’il estime aptes à exercer la fonction de commissaire.

Après, elle dévoilera l’identité de la personne retenue par le gouvernement aux partis d’opposition. Ceux-ci auront le loisir de rencontrer le candidat choisi avant que l’Assemblée nationale le nomme sur motion du premier ministre et avec l’approbation d’au moins deux tiers de ses membres, et ce, comme le prévoit la loi 1 du gouvernement caquiste. « Espérons que tout le monde sera d’accord avec le candidat, qu’il y aura un vote à l’unanimité pour le [prochain] ou la prochaine commissaire et qu’enfin on pourra partir sur de nouvelles bases à l’UPAC, pour sept ans », a dit la vice-première ministre lundi. « La meilleure chose qu’on puisse faire en ce moment pour l’UPAC, c’est de le doter d’un nouveau commissaire officiel. »

Le directeur général de la SQ, Martin Prud’homme, pourra quant à lui retourner à la barre du plus important corps de police québécois s’il « est blanchi par les enquêtes » en cours, a aussi indiqué Mme Guilbault.