Contrôler l’industrie du lithium?

La co-porte-parole de QS, Manon Massé
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La co-porte-parole de QS, Manon Massé

L’État québécois doit prendre le contrôle de la filière du lithium, réclame Québec solidaire (QS). Sans évoquer la nationalisation, QS plaide pour une participation majoritaire dans les projets d’extraction de ce minerai stratégique, essentiel pour fabriquer les batteries des véhicules électriques.

La co-porte-parole de QS, Manon Massé, a réclamé que l’État québécois investisse pour prendre le contrôle majoritaire des mines actuelles et des projets à venir, afin de maximiser les retombées au Québec.

« Quand tu prends cette décision [de prendre le contrôle], tu peux décider quelle est la prochaine étape, a-t-elle justifié. L’entreprise privée ne permet pas que les impacts positifs soient à 100 % sur le territoire québécois. On importe les batteries. »

Mme Massé soutient qu’on envoie ainsi 25 tonnes de lithium par an à l’étranger sans en faire profiter les Québécois. Les redevances sont insuffisantes, a-t-elle dénoncé, en rappelant que son parti veut réformer la Loi sur les mines, pourtant adoptée en 2013. En outre, la co-porte-parole de QS a appelé le gouvernement à soutenir les projets d’usine de transformation du lithium au Québec.

La semaine dernière, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon a annoncé qu’une stratégie québécoise de développement de la filière de batteries lithium-ion était en préparation chez Investissement Québec et serait lancée dès cet automne. M. Fitzgibbon a alors été très clair quant à son intention de convertir la matière première ici même. « Il faut contrôler le minerai, avait-il affirmé. On ne veut pas que le produit s’en aille à l’extérieur; moi, je veux qu’on le convertisse ici. »

Il estimait que l’État devait investir dans la « deuxième phase », la transformation. L’étape suivante consisterait à créer une usine qui fabriquerait des batteries, mais il s’agit de projets « pharaoniques », selon les mots du ministre, en ce qui a trait aux capitaux nécessaires.

Un projet important d’usine de transformation au Québec, Nemaska, éprouve d’ailleurs des difficultés de financement.

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