Le ministère de l’Immigration revient en régions

Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a parlé d’un «déploiement institutionnel historique».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a parlé d’un «déploiement institutionnel historique».

Après avoir délaissé les régions, le ministère de l’Immigration du Québec y revient afin d’aider les entreprises à faire face aux pénuries de main-d’oeuvre, grâce à l’ajout de 40 nouveaux points de services.

L’absence du Ministère en région « a des conséquences concrètes », a souligné le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, mercredi lors d’une annonce à Trois-Rivières aux côtés de son collègue et ministre du Travail, Jean Boulet.

Pas moins de 40 nouveaux points de services en immigration s’ajouteront aux 21 déjà existants dans les locaux de Services Québec. On en trouvera dans chacune des régions administratives, a promis M. Jolin-Barrette, en parlant d’un « déploiement institutionnel historique ».

En 2014, le gouvernement Couillard avait fermé les directions régionales de l’Immigration de Québec, Sherbrooke, Gatineau et Trois-Rivières et fusionné celles de la Montérégie et de Laval à celle de Montréal. Une mesure qui lui avait permis d’économiser 4,6 millions $.

En Mauricie, par exemple, le nombre d’employés en immigration passera de 3 à 7 à Trois-Rivières et à Shawinigan, mais aussi dans une nouvelle antenne à La Tuque.

Au total, ce sont 111 employés qui s’ajouteront au réseau, dont 75 % à l’extérieur de Montréal. L’objectif, a dit le ministre, consiste à offrir un « accès facile et rapide à des gens compétents qui connaissent les rouages du système d’immigration ».

Ces mesures devraient coûter 8,3 millions de dollars par an à l’État, selon les prévisions du Ministère.

Une décision très bien accueillie

Cette annonce a presque fait l’unanimité mardi tant dans les milieux politiques qu’à l’extérieur. « C’est réjouissant après des années où il n’y a pas eu d’investissements », a réagi Stéphan Reichhold de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI).

Ces dernières années, les organismes du TCRI étaient devenus tributaires par défaut de tous les services en régionalisation de l’immigration. Manqueront-ils de travail avec le retour du Ministère ? M. Reichhold pense que non, notamment en raison de la hausse du nombre de travailleurs temporaires en région qui viennent cogner à leurs portes.

Les syndicats des employés de l’État, qui avaient vivement critiqué les coupes de 2014, ont également salué ce plan. « On avait raison à l’époque », a réagi le président du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), Christian Daigle qui se réjouissait particulièrement de la création de nouveaux postes.

Quant à savoir dans quelle mesure cela toucherait ses membres, il l’ignorait. « Malheureusement, on n’a été informés d’absolument rien », a-t-il dit.

Du côté des professionnels, on affichait la même incrédulité. « On n’a pas d’information sur le nombre de nos membres qui vont être touchés », a signalé la présidente du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) Line Lamarre.

Tout en y voyant une bonne nouvelle pour les régions, Mme Lamarre se demandait toutefois comment on allait pouvoir recruter ces nouveaux employés « rapidement » avec la rareté de main-d’oeuvre.

Dans les rangs politiques, la députée péquiste Méganne Perry-Mélançon a dit qu’il s’agissait d’une « bonne mesure en soi », tandis que le libéral Monsef Derraji écrivait sur Twitter qu’il était heureux que la CAQ « continue » ce que le gouvernement Couillard avait commencé en 2018. Andrés Fontecilla, de Québec solidaire y voyait, lui aussi, une « bonne chose », malgré son opposition à d’autres volets de la stratégie caquiste en immigration.

Enfin, les associations d’affaires ont unanimement salué cette nouvelle. « On pense que ça vraiment faire une différence pour les PME qui sont vraiment rendues à l’étape où elles ne trouvent plus d’employés locaux et ont épuisé tous les moyens », a signalé le porte-parole de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, Gopinath Jeyabalaratnam.