Un coup de main au Bloc québécois

Les anciens chefs du Bloc québécois et du Parti québécois, Gilles Duceppe (au centre) et Pierre Karl Péladeau (à droite), étaient présents dimanche lors d’un rassemblement du parti fédéral souverainiste maintenant dirigé par Yves-François Blanchet (à gauche).
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les anciens chefs du Bloc québécois et du Parti québécois, Gilles Duceppe (au centre) et Pierre Karl Péladeau (à droite), étaient présents dimanche lors d’un rassemblement du parti fédéral souverainiste maintenant dirigé par Yves-François Blanchet (à gauche).

Deux ténors souverainistes, Pierre Karl Péladeau et Gilles Duceppe, comptent s’impliquer dans la campagne électorale du Bloc québécois, notamment en ce qui concerne le thème du nationalisme économique, même s’ils ne se présenteront pas comme candidats.

Dimanche, lors d’un rassemblement au Centre communautaire Roussin à Pointe-aux-Trembles, dans la circonscription de Mario Beaulieu, le patron de Québecor a déclaré avoir accepté l’invitation du chef du Bloc, Yves-François Blanchet, de prononcer un discours. Il a ajouté qu’il décidera de son implication au sein du parti « au fur et à mesure » du déroulement de la campagne.

3e
C’est la position qu’un récent sondage donnait au Bloc, au Québec, derrière le Parti libéral et le Parti conservateur.

L’ancien chef du Bloc a quant à lui déclaré qu’il allait « donner un coup de main », entre autres pour soutenir son fils, Alexis Brunelle-Duceppe, qui portera les couleurs du parti dans Lac-Saint-Jean.

Pierre Karl Péladeau a également promis qu’il allait « continuer à faire en sorte de promouvoir les intérêts économiques des Québécois », en insistant sur la « compatibilité » des enjeux environnementaux et économiques dans la province.

« On n’en a pas besoin, de gaz carbone. Nous, on est déjà impliqués dans la protection de l’environnement. Cela fait des entreprises qui investissent dans les énergies propres, et c’est indéniablement un vecteur de développement économique et un vecteur de reconnaissance internationale », a-t-il réitéré lors de son discours prononcé devant plusieurs centaines de militants.

En novembre 2014, l’ex-chef du Parti québécois, qui était alors simple député, avait toutefois affirmé devant des militants que le Bloc québécois n’avait été utile que pour « justifier le fédéralisme », d’après un article du quotidien La Presse de l’époque. Dans son discours de dimanche, toutefois, il a assuré sous une pluie d’applaudissements que les candidats du Bloc allaient « défendre les intérêts économiques des Québécois ».

 
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Pierre Karl Péladeau a levé le poing brièvement, dimanche lors du rassemblement du Bloc québécois à Pointe-aux-Trembles.

« Il y a des sociétés qui, antérieurement, avaient leur siège social à Montréal et qui [y] ont toujours leur siège social, mais dont tous les dirigeants sont installés à Toronto et certains d’entre eux ne parlent même pas français », a-t-il déploré. Il a ajouté que « chaque fois qu’il y a une occasion de faire en sorte de garder nos entreprises ici au Québec, il faut prendre les moyens nécessaires pour le faire ».

Le patron de Québecor s’est aussi permis une parenthèse provinciale, se disant « surpris » que le premier ministre du Québec, François Legault, « ne lève pas un petit doigt » pour s’opposer à l’achat de Transat A.T. par Air Canada. Il a ensuite accusé le gouvernement fédéral de donner une « free ride » aux entreprises américaines avec l’exemption de TPS. « Pourquoi le premier ministre Trudeau leur donne, comme ça, un cadeau ? Pourquoi le premier ministre Trudeau fait en sorte de pénaliser nos entreprises québécoises ? » a-t-il demandé, ajoutant que cela démontrait l’« incapacité [de Justin Trudeau] à défendre les intérêts du Québec ».

Une campagne sous le thème de l’économie et de l’environnement

Du même avis que Pierre Karl Péladeau, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a soutenu que « le Québec n’est pas servi par le Canada en matière économique ». Il a ajouté que la question environnementale est « un modèle économique ». « On est capables d’avoir un modèle qui est compatible avec les enjeux environnementaux, qui nous offre des marchés d’exportation encore plus importants à court terme que ceux du pétrole », soutient-il.

« Est-ce que le Canada sert l’économie du Québec ? » a demandé plusieurs fois à la foule M. Blanchet, en citant en exemple, entre autres, la vente de Transat A.T. et l’absence de perception de la TPS auprès des géants du Web. « Il faut que les Québécois sachent la différence que fera dans un premier temps la présence d’une forte délégation du Bloc québécois à Ottawa », a-t-il avancé. Le chef de la formation souverainiste a d’ailleurs comme « objectif plancher » d’envoyer à Ottawa une vingtaine de députés bloquistes après le scrutin du 21 octobre.

Un sondage Léger mené pour La Presse canadienne après le dépôt du rapport du commissaire Mario Dion rapportait que le Bloc québécois se trouvait en troisième position dans les intentions de vote des Québécois, derrière les libéraux et les conservateurs. « Le jour où je construirai nos stratégies à partir des sondages, ça voudra dire qu’on aura abandonné [le fait] d’être qui nous sommes », a répondu M. Blanchet. Il a ajouté que les membres de son parti sont « convaincus qu’en étant sincères, intègres et dynamiques, ça va très bien marcher ». « Vous savez que de gagner 4 points dans une campagne électorale, ça peut représenter beaucoup de sièges pour un parti comme le Bloc québécois », a-t-il souligné.

13 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 26 août 2019 07 h 14

    Youppie !

    « Deux ténors souverainistes, Pierre Karl Péladeau et Gilles Duceppe, comptent s’impliquer dans la campagne électorale du Bloc québécois, notamment en ce qui concerne le thème du nationalisme économique » (Leïla Jolin-Dahel, Le Devoir)

    Bravo pour cette heureuse éventuelle implication au BQ de ces deux, ou plusieurs autres ?, ténors !

    De cette implication généreuse, il est à souhaiter que le BQ valorise tout autant le nationalisme économique québécois que le rapatriement des forces socio-économiques susceptibles de favoriser tout autant l’autonomie du Québec que son autodétermination ; des forces qu’hélas ??? le Canada (Ce pays si loin et si proche de nulle part) cherche à conserver sans partenariat équitable !

    Ce faisant, le Québec sera en mesure de tout autant gérer que contrôler ses lieux-pouvoirs économiques !

    Youppie ! - 26 août 2019 -

  • Jean Lapointe - Abonné 26 août 2019 07 h 15

    Il n'y a pas vraiment une contradiction.

    « il a assuré sous une pluie d’applaudissements que les candidats du Bloc allaient « défendre les intérêts économiques des Québécois »
    mais il avait toutefois affirmé devant des militants que le Bloc québécois n’avait été utile que pour « justifier le fédéralisme » a ajouté le journaliste.

    Le journaliste y voit là une contradiction. Ce n' est pas mon avis. Ce nest pas parce que le Bloc québécois peut être considéré comme ayant justifié le fédéralisme qu' il a été inutile pour autant. C'est qu'il n'a fait pas que justifier le fédéralisme, il a aussi défendu les intérêts du Québec. Et dans le contexte actuel il est encore plus nécessaire que jamais parce que le Parti québécois est en voie de se reconstruire.

    Certains journalistes ont tendance à sortir les phrases de leur contexte historique dans l'espoir de montrer que certains hommes ou certaines femmes politiques se contredisent. Ils ont tort d'après moi parce qu' ils ne font que perpétuer des faussetés au sein de la société pour se mettre en valeur eux-mêmes en essayant de montrer combien ils sont utiles.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 26 août 2019 09 h 03

      @ Lapointe
      Je partage votre irritation sur ce commentaire hors contexte de la journaliste en vue de discréditer M. Péladeau.

      Il n'y a que les fous qui ne changent pas d'idées.

  • Bernard LEIFFET - Abonné 26 août 2019 07 h 46

    La CAQ et le PLC bien peu intéressés au sort des Québécois!

    Faut-il s'étonner de cet élan pour le Bloc Québécois au Québec, le seul qui pour les prochaines élections au Québec défend le développement de l'économie pour nous et l'environnement dans lequel nous vivons? L'affaire d'Air Transat avec Air Canada est un signe précurseur de ce qui nous attend sur le plan des rtelations entre Québec et Ottawa, un genre de prends ça et donnes-moi ça, bref, des tractations on ne peut plus douteuses! En passant, les libéraux du Québec n'étaient pas mieux pour conserver des fleurons québécois!
    L'affaire SNC-Lavalin, que les penseurs de Radio-Canada imaginent que les électeurs auront bientôt oubliée, pour ne pas affaiblir le PLC et son chef, Justin Trudeau, ne s'effacera pas comme par miracle et les mensonges et les promesses de transparence seront aussi présents! Peut-on accorder quelques crédits à ce personnage soutenu par les médias nationaux? Avez-vu comment R-C a biaisé ses paroles avec le président américain, qui lui disait que c'était la pire entente euntre eux!
    Alors, si on veut éviter de telles choses, comme on a écarté m.Péladeau de l'affaire des médias, car trop indépendantiste, pourquoi devrait-on autoriser Radio-Canada a parler positivevement uniquement que pour le PLC pour les élections fédérales? Où est la démocratie dans tout ça?

  • Réal Gingras - Inscrit 26 août 2019 07 h 46

    les intérêts économiques des Québécois ?

    ...mais il n'y a pas que les intérêts économiques dans la vie.
    À quand un parti qui proposera un référendum pan-canadien sur l'abolition de la Reine d'Angleterre comme chef de l'État.
    Je sais que cette question a déjà été discutée par les membres du parti libéral mais n'avait pas été retenue par une majorité des membres. Mais est-ce aux membres d'un parti à décider de ce qui doit être mis de l'avant dans une élection?
    Je demeure convaincu qu'une majorité de Canadiens est d'accord pour abolir le lien colonial qui nous rattache encore à la royauté britannique. Sans cette question, nous allons donc subir, pour l'élection qui s'en vient, une avalanche de discours creux assaisonnés à la langue de bois. Je ne vois rien de tangible à l'horison.

    • Claude Bariteau - Abonné 26 août 2019 12 h 04

      Il faudrait être plus précis.

      Abolir le lien canadien avec la Reine, qui est reine du Canada tout en étant reine de la Grande-Bretagne et serait devenue reine de l'Écosse adevenant son indépendance au référendum en 2014, implique de modifier le régime monarchiste constitutionnelle du Canada en le remplaçant par un autre, qui ne peut être alors que républicain.

      Il faudrait le dire et le dire suscitera une montée de lait en Ontario et dans les Maritimes, deux châteaux forts du PLC et une réaction viscérale du PC.

      Aussi je vous trouve optimiste de vous dire convaincu qu'une majorité de Canadiens veut mettre ne place une république. Le Canada, y compris le PLC, a toujours eu une réaction cutanée à penser d'avoir un président, préférant de loin un PM qui détient plus de pouvoir que le président des États-Unis sur les affaires internes et externes de ce pays.

      Puis penser république est plutôt à leurs yeux une approche des habitants du Québec, notamment les Patriotes et les promoteurs de l'indépendance. Alors vous devrez vous contenter d'une avalanche de discours creux.

  • Pierre Samuel - Abonné 26 août 2019 08 h 08

    Nostalgie quand tu nous tiens !

    Stratégie très bizarre de la part de Yves-François Blanchet d'inviter ainsi l'oligarque Don Quichotte démissionnaire au poing levé du Québécoristan, accompagné de son écuyer vaincu deux fois plutôt qu'une, à une assemblée de < réanimation du Bloc > (!?!)

    Où sont les jeunes loups qui devraient plutôt se retrouver à Québec, y compris cet ex du club du même nom, au sein d'un PQ agonisant, bien en peine de reconquérir sa flamboyance de jadis < là où tout se joue.. > (dixit René Lévesque, lui-même) ... Pourtant, on ne s'y bouscule guère au portillon : Bérubé, intérimaire, Hivon, pas intéressée, Gaudreault, supposément en lice...Wow !

    Blanchet à Ottawa, pour y faire élire au mieux, ou à peine un peu plus, de députés fédéraux à Ottawa que la maigre pitance actuelle du PQ à Québec ? Misère... lorsqu'on ne peut que ressusciter déserteur et double vaincu à titre de principale stratégie !

    • Pierre Raymond - Abonné 26 août 2019 12 h 19

      J'ai hâte de vous relire dans les jours suivant l'élection !!!

    • Bernard LEIFFET - Abonné 26 août 2019 13 h 05

      Connaissez-vous le Dernier des Mohicans? Cela peut arriver au Québec! Là il n'est plus question de rigoler, sinon de se foutre de la gueule du monde! Votre 0critique du Bloc Québécois est si infime qu'ele ressemble à une bulle pleine de vide! Merci! Bernard Leiffet.

    • Pierre Samuel - Abonné 26 août 2019 16 h 41

      @ M. Leiffet :

      Le < Dernier des Mohicans >, n'était-ce pas censé être l'oligarque du Québécoristan, lui-même ? L'Ultime Sauveur de ses intérêts personnels et de sa gloriole d'abord et avant tout ...

      Je vous invite fortement à lire : < PKP dans tous ses états ( Du fils héritier d'un empire à l'homme providentiel ) de Pierre Dubuc, éditions du Renouveau québécois ( 2015), ce directeur et rédacteur en chef de < L'aut'journal >, ce mensuel progressiste et indépendantiste publié depuis 1984, qu'on ne peut certes qualifier de < fédéraste > ... afin de mieux connaître ce < grand pourfendeur de moulins à vents >, copain-copain avec nul autre que l'ineffable Brian Mulroney, ex-premier ministre ( plus ou moins honorable...) du Canada, président actuel du conseil d'administration de Québécor ! Comment surnomme-t-on ce genre d'individus, dèjà ?

      Salutations et bonne lecture !

    • Pierre Samuel - Abonné 26 août 2019 19 h 12

      @ M. Raymond :

      Je ne vous apprendrai rien en vous rappelant que le Bloc fut longtemps opposition officielle à Ottawa, et puis après ? Une grande majorité de ces ex-députés dont certains sont encore en poste y ont principalement garni leur fonds de pension tout en participant au système fédéral sous couvert des intérêts québécois... Qu'avons-nous gagné au change sinon à l'effrondement généralisé du Mouvement souverainiste dont le porte-étendard péquiste est à actuellement à l'agonie...

      Qu'en est-il actuellement où les candidats à la chefferie y sont totalement inexistants ? Pourquoi Blanchet, lui-même, a-t-il refusé de s'y mouiller ? Election plus assurée et confortable à Ottawa afin d'aller y titiller Scheer ou Justin ? Autrement dit : < Si tu crains la chaleur, tiens-toi loin du poêle ! > ( Célèbre proverbe anglais ).

      Ce qu'a pourtant compris Duceppe pendant vingt ans : persona non grata au PQ, jusqu'à ce que ses électeurs s'en lassent définitivement à Ottawa au profit d'une illustre inconnue...

      À bon entendeur, salut !