Pas question d'une société d’État pour gérer les données, tranche la CAQ

Le ministre délégué à la Transformation numérique, Éric Caire
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre délégué à la Transformation numérique, Éric Caire

Il est inutile de créer une société d’État pour gérer les données des Québécois, estime le ministre délégué à la Transformation numérique, Éric Caire, en pointant du doigt les ratés du Centre de services partagés du Québec (CSPQ) en informatique.

« Regardez le bilan du CSPQ des dernières décennies, a-t-il donné en exemple. Est-ce que tout le monde peut dire ici que c’est un bilan qui est positif ? Mais c’est une société qui avait son indépendance, gérée par un conseil d’administration qui gérait la situation informatique du gouvernement. Lisez les rapports de la vérificatrice générale et puis venez me dire que le CSPQ, qui est une forme de société d’État, a livré la marchandise. »

La vérificatrice générale avait écorché ce fournisseur de services de soutien administratif au gouvernement, en 2016, après avoir passé en revue deux mégacontrats d’achats regroupés de matériel informatique. Elle avait noté que le CSPQ avait acheté du matériel informatique à un prix supérieur offert par le fabricant et avait dénoncé le manque de rigueur et d’imputabilité de l’organisme.

« Alors, non, je ne crois pas à ce modèle-là, a tranché M. Caire. Je pense que ce que nous mettons en place va être de nature à assurer une meilleure protection des données pour les Québécois. C’est là-dessus qu’on travaille et c’est notre seul objectif. »

Un professeur d’informatique et de génie logiciel de l’Université Laval préconise le modèle de société d’État pour assurer la sécurité des données des Québécois au lieu qu’elles soient confiées à des géants américains comme Amazon. Richard Khoury croit que la création d’une agence autonome publique, calquée sur le modèle d’Hydro-Québec, procurerait une meilleure stabilité que le secteur privé puisque les entreprises peuvent fermer à tout moment ou choisir d’investir moins dans la sécurité de leurs serveurs.

Le gouvernement veut consolider 120 des 550 centres de données de l’État québécois d’ici 2023. Il prévoit de stocker 80 % des informations des Québécois dans des serveurs du secteur privé. Les 20 % de données considérées comme très critiques, par exemple, la liste des délateurs de la Sûreté du Québec, demeureront dans des serveurs appartenant à l’État. Cette première phase coûtera 150 millions. Selon les estimations gouvernementales, cette privatisation permettra de générer 100 millions d’économies annuelles à la fin du premier mandat caquiste.

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