Les restaurateurs en faveur d’une hausse du nombre de travailleurs étrangers

Les restaurants ont besoin de pourvoir des milliers de postes, sans quoi ils doivent limiter leurs heures d’ouverture, a affirmé mardi le président de l’Association Restauration Québec.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Les restaurants ont besoin de pourvoir des milliers de postes, sans quoi ils doivent limiter leurs heures d’ouverture, a affirmé mardi le président de l’Association Restauration Québec.

Ottawa doit bouger pour assouplir le programme de travailleurs étrangers temporaires afin que les restaurateurs puissent embaucher le personnel dont ils ont besoin. C’est ce qu’a indiqué le ministre québécois de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, mardi après avoir entendu le cri du coeur de l’Association Restauration Québec (ARQ) en commission parlementaire.

« On est en discussion avec le fédéral depuis quelques mois déjà, mais il faut que le fédéral amène plus de souplesse à ce niveau-là parce que c’est au bénéfice des employeurs et au bénéfice des restaurateurs ; aussi, parce que c’est important que dans l’ensemble des régions du Québec, on puisse combler la pénurie de main-d’oeuvre. »

L’ARQ — qui compte 5500 membres — a plaidé pour une hausse du nombre de travailleurs étrangers lors de la deuxième journée de consultations publiques sur les seuils d’immigration proposés par le gouvernement caquiste. Son président, Vincent Arsenault, a indiqué au ministre qu’en 2018, près de 14 000 postes étaient à pourvoir dans la restauration au Québec. Les restaurants ont besoin de pourvoir des milliers de postes d’aides-cuisiniers, de plongeurs, de cuisiniers et de serveurs, sans quoi ils doivent limiter leurs heures d’ouverture.

« L’immigration est un outil indéniable pouvant atténuer la pénurie actuelle de main-d’oeuvre, a-t-il déclaré. Recourir aux travailleurs étrangers, autant temporaires que permanents, est essentiel pour maintenir nos activités, notamment dans les régions. C’est pourquoi l’ARQ lance aujourd’hui un véritable cri d’alarme afin que des mesures concrètes soient mises en place. »

Québec demande à Ottawa de lui permettre de faire seul l’étude d’impact sur le marché du travail et d’en réduire la durée pour accélérer le processus. Le gouvernement caquiste veut également pouvoir augmenter le nombre de travailleurs étrangers par entreprise et allonger la durée de leurs contrats de travail d’un an à deux ans.

Au cabinet du ministre fédéral de l’Immigration, Ahmed Hussen, on indique que les négociations se poursuivent.

Pas de racisme ?

Le président du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval, a rejeté la notion de racisme systémique dont seraient victimes certains immigrants au Québec. Les entreprises ont tellement besoin de travailleurs qu’il n’est pas dans leur intérêt de rejeter des candidats sur la simple base de leurs origines, selon lui.

« Je ne crois pas que les employeurs aujourd’hui, dans le contexte qu’on vit, font preuve de racisme en général, a-t-il affirmé en entrevue au Devoir.

« Est-ce qu’un employeur, comme un individu, peut avoir des craintes, fait une sélection, etc. ? Je crois que oui, ça peut arriver, effectivement, mais aujourd’hui on est dans un domaine de rareté. Il ne faut pas importer les histoires du passé lorsqu’on était en surplus de main-d’oeuvre. »

Une représentante de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes avait indiqué que des immigrants devaient changer leur nom sur leur curriculum vitae pour pouvoir obtenir une entrevue d’embauche et que ce genre de cas survenait à répétition. Le regroupement craint qu’une immigration axée uniquement sur les besoins économiques favorise la venue de nouveaux arrivants homogènes.

Avec La Presse canadienne