Une inauguration de local aux allures de renaissance pour le Bloc québécois

Le candidat du du Bloc québécois dans Laurier-Sainte-Marie, Michel Duchesne, était entouré pour l’inauguration de son local de son chef Yves-François Blanchet, et de l’ancien chef du parti, Gilles Duceppe.
Photo: Adil Boukind Le Devoir Le candidat du du Bloc québécois dans Laurier-Sainte-Marie, Michel Duchesne, était entouré pour l’inauguration de son local de son chef Yves-François Blanchet, et de l’ancien chef du parti, Gilles Duceppe.

C’est parti pour la « nouvelle ère » du Bloc québécois. Le parti a inauguré son premier local de campagne, mercredi soir, dans la circonscription de Laurier–Sainte-Marie, à Montréal. Un événement couru par de nombreux candidats venus d’ailleurs au Québec et en présence de leur nouveau chef, Yves-François Blanchet. Mais cette renaissance ne s’est pas faite sans le soutien d’un militant tout particulier : Gilles Duceppe.

« C’est important d’avoir le même discours en tout temps et partout. Et ça, le Bloc l’a toujours eu et l’aura encore. Je pense à la laïcité, par exemple. J’ai hâte de les entendre [à ce sujet] dans le débat en anglais », a fait valoir l’ex-chef dans une courte allocution, en référant aux chefs des autres partis.

Laurier–Sainte-Marie, une circonscription fort symbolique pour le Bloc — elle a été représentée par M. Duceppe pendant une vingtaine d’années — sera cet automne briguée par Michel Duchesne.

Écrivain, réalisateur, chargé de cours à l’UQAM, impliqué dans le milieu communautaire et de la diversité, M. Duchesne était devenu le premier candidat de la nouvelle mouture du parti, l’hiver dernier, à l’occasion d’une élection partielle dans la circonscription d’Outremont. Avec 11 % des voix, il était arrivé quatrième, derrière les libéraux, les néo-démocrates et les verts.

Aura-t-il une chance de remporter cette circonscription détenue depuis 2011 par Hélène Laverdière, du NPD, qui prend sa retraite politique et passe le relais à Nima Machouf, épidémiologiste, chercheuse en santé publique et épouse de l’ex-député de Québec solidaire Amir Khadir ?

« Il y a une tradition en politique qui dit qu’on fait semblant que tous les comtés sont pareils, répond M. Blanchet. Mais il n’y a personne d’assez naïf pour croire ça. Il y a des circonscriptions dont la tradition est différente d’autres. » Selon lui, Laurier–Sainte-Marie est toujours un « terreau extrêmement fertile » pour le Bloc.

Michel Duchesne affrontera aussi Steven Guilbeault, dont le passage en politique chez les libéraux avait fait sourciller, il y a quelques semaines.

Diversité

Dans le petit local de la rue Saint-Catherine, en plein Village gai, M. Duchesne a déploré le « pink washing » que pratique le gouvernement de Justin Trudeau, qui fait valoir ses bons coups auprès des LGBT afin de faire oublier « qu’il néglige certains dossiers ».

Ottawa fait du « pink washing » « pour faire oublier qu’on vend des armes à l’Arabie saoudite, ou encore pour faire oublier qu’on a des relations commerciales avec des pays où les femmes sont maltraitées, soumises et se battent pour l’égalité », a-t-il dit.

Le candidat a également mis en garde contre le retour en arrière que prêchent certains conservateurs, dont Maxime Bernier. Pas question de rouvrir le dossier de l’avortement ou de mettre un terme aux cours d’éducation sexuelle, a-t-il clamé.

Son chef, Yves-François Blanchet, a quant à lui semblé rallier les militants. La crise provoquée par le passage de Martine Ouellet est-elle close ?

M. Blanchet « est rassembleur. On voit la différence, c’est assez évident », a dit Gilles Duceppe.

3 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 8 août 2019 08 h 17

    Le Bloc mène un combat pour plus de démocratie au Canada.

    Il y a des fédéralistes qui considêrent les souverainistes québécois comme non moins que des «ennemis» du Canada parce que, d'après eux, ils veulent »détruire» le Canada. Les souverainistes eux, à part quelques exceptions, ne considèrent pas les fédéralistes comme des ennemis mais comme des adversaires poltiques. L' existence du Bloc québécois en est à mon avis une preuve évidente. Nous, contrairement à beaucoup de fédéralistes, nous ne voulons pas la guerre en déclarant les fédéralistes comme étant des ennemis des souverainistes, nous voulons plus de démocratie au Canada. Notre combat est plus qu'un combat pour l'indépendance du Québec c'est un combat en faveur de plus de démocratie au Canada. Nous tenons à arriver à nos fins en utilisant des moyens démocratiques. Nous espérons que nos adversaires y tiennent aussi mais ils devront changer de vocabulaire s'ils sont séreux. Pour le moment nous avons raison de nous inquiéter face à l'attitude guerrière qu'adoptent certaine d'entre eux. Veulent-ils vraiment la guerre? On le dirait.

    • Jean-Paul Carrier - Abonné 8 août 2019 19 h 21

      Vous dites: "Il y a des fédéralistes qui considêrent les souverainistes québécois comme non moins que des «ennemis» du Canada parce que, d'après eux, ils veulent »détruire» le Canada."
      Si le Québec devient un État indépendant, cela ne revient-il pas à détruire le Canada?
      Le Québec couperait en deux ce qui resterait du Canada.

      Jean-Paul Carrier

    • Jean Lapointe - Abonné 9 août 2019 07 h 33

      Monsieur Carrier: Un accès à l'indépendance du Québec par des moyens démocratiques ce ne serait pas «détruire » le Canada parce qu'il y aurait finalement consentement des deux côtés parce qu' acquis justement par des moyens démocratiques. Quand des fédéralistes nous accusent de vouloir «détruire» le Canada c'est pout tenter de nous impressioner et de nous faire peur parce que pour eux il n'est pas question que le Québec puisse devenir un pays indépendant. Nous les dérangeons. On dirait qu'il y a des Québécois qui n'arrivent pas à reconnaître que le ROC veut nous maintenir de force dans leur Canada.On dirait qu' ils pensent toujours que cela ne dépendrait que de nous. Il s'agirait de nous décider et tout se passerait bien . C'est sans doute un réflexe de colonisé qui n'ose pas s'affirmer. Nous devons à mon avis tenir compte du fait que bien des fédéralistes nous considérent comme de véritables ennemis parce que le Canada n'est pas un pays vraiment démocratique comme si la démocratie ce ne serait que la possiblité de tenir des élections. Beaucoup de Québécois sont à mes yeux encore de grand naîfs. Pour moi le combat pour la souverainté est aussi et surtout un combat pour plus de démocratie au Canada et nous avons raison d'en être fiers. Ce ne serait pas la première fois que le Québec ferait avancer le Canada tout entier. Mais c'est encore à faire.