Québec attribue 20 millions pour la restauration du patrimoine culturel religieux

Il y a près de 3000 églises au Québec, et une quarantaine d’entre elles ferment leurs portes chaque année, selon le directeur du Conseil du patrimoine religieux du Québec.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Il y a près de 3000 églises au Québec, et une quarantaine d’entre elles ferment leurs portes chaque année, selon le directeur du Conseil du patrimoine religieux du Québec.

Comme promis par la Coalition avenir Québec (CAQ) en campagne électorale, une somme de 20 millions de dollars a été annoncée dimanche pour la restauration du patrimoine culturel à caractère religieux au Québec.

De ce montant, 15 millions seront investis en 2019-2020 pour restaurer des immeubles et des objets patrimoniaux à caractère religieux. « On ne parle pas d’édifices qui sont vides, inutilisés ou qui risquent de s’effondrer. On parle de bâtiments qui ont déjà une très grande valeur », précise la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy. C’est un total de 69 bâtiments, deux orgues, quatre biens mobiliers, ainsi qu’un ensemble d’oeuvres d’art qui seront restaurés à partir de ce budget.

Une enveloppe de 5 millions servira quant à elle à la requalification des lieux de culte dans le but de préserver leur valeur patrimoniale. « On sait que les églises se vident au Québec, et ce sont de magnifiques bâtiments », se désole la ministre. « Si on peut leur donner une autre vie, on en fera une garderie, un centre d’art, un centre d’exposition, un centre de diffusion, une salle de spectacles, des logements, peu importe », illustre-t-elle, qualifiant le processus de « recyclage d’édifices ».

On sait que les églises se vident au Québec, et ce sont de magnifiques bâtiments.

La présidente du Conseil du patrimoine religieux du Québec, Josée Grandmont, estime d’ailleurs que la conversion des édifices religieux « s’impose désormais comme la voie d’avenir et une condition de conservation viable ».

L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse, dimanche, à l’église Sainte-Famille, à Boucherville. Cette église construite en 1801 recevra une somme d’un peu plus de 56 000 $ afin de restaurer ses vitraux.

Questionnée à savoir si ce financement allait se poursuivre également l’an prochain, la ministre Roy n’a pas voulu se prononcer. « Chose certaine, ce qui me tient particulièrement à coeur, c’est […] de donner seconde vie à des immeubles qui sont inoccupés », a-t-elle déclaré en promettant de « mettre de la pression là-dessus ».

Les critères pour les projets de requalification de bâtiments à caractère religieux ne sont pas encore déterminés. Le directeur du Conseil du patrimoine religieux du Québec, Jocelyn Groulx, a expliqué que son organisme et le ministère de la Culture étaient « encore en discussion » à ce sujet. Il a ajouté qu’ils seraient bientôt définis et annoncés au courant de l’automne.

3 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 5 août 2019 07 h 42

    Comprends pas !

    « On sait que les églises se vident au Québec, et ce sont de magnifiques bâtiments » ; « Si on peut leur donner une autre vie, on en fera une garderie, un centre d’art, un centre d’exposition, un centre de diffusion, une salle de spectacles, des logements, peu importe » (Nathalie Roy, Ministre, MCC, CAQ)

    Bien sûr que bien sûr, mais ce questionnement :

    Si ces églises se vident et que s’impose une telle restauration à coup de millions de $$$, comment se fait-il que les autorités ecclésiales n’ont rien fait pour préserver leurs églises en bonne santé ?

    De cette question, comment se fait-il que Québec, à l’ère de la Loi 21 sur la Laïcité de l’État, utilise des fonds publics pour financer de tels projets de restauration qui, louables certes!, pourraient solliciter la collaboration financière des églises concernées, voires des autorités dites « religieuses » ?

    Comprends pas ! - 5 août 2019 –

    Ps. : Depuis notre enfance, celle du temps des Duplessis-Léger, on-dirait que certains mots-objets (soutanes, crucifix, paroisses, églises, bible chrétienne … .) me demeurent comme allergiques et d’aucune importance ni culturelle ni patrimoniale. Point à la ligne !

    • André Côté - Abonné 6 août 2019 09 h 16

      «comment se fait-il que les autorités ecclésiales n’ont rien fait pour préserver leurs églises en bonne santé ?» Les églises, appartiennent à la communauté des croyants et non à l'Église. Quand la communauté des croyants ou des "pratiquants" diminue, les revenus suivent le même rythme et l'argent vient à manquer, d'où le manque d'entretien de bâtiments dont l'architecture ajoute aux difficultés.

  • Yvon Bureau - Abonné 5 août 2019 17 h 52

    L'important,

    c'est la communauté de base entre croyants. Vivante et dynamisante dans un quartier.
    Quant à la bâtisse, ...