Alcoa sollicite l’aide de Québec pour moderniser ses usines

Le lockout des employés d’ABI est l’un des plus longs conflits de travail contemporains.
Photo: Gene J. Puskar Associated Press Le lockout des employés d’ABI est l’un des plus longs conflits de travail contemporains.

Le retour au travail des syndiqués de l’Aluminerie de Bécancour (ABI) a débuté vendredi après 18 mois de lockout. Dans le même temps, la multinationale qui en est propriétaire veut solliciter le gouvernement québécois pour financer la modernisation de ses usines.

Le président d’Alcoa Canada, Jean-François Cyr, a déclaré au commissaire au lobbyisme avoir entamé ses démarches auprès du gouvernement le 12 juin dernier.

Le mandat ajouté fait état de « l’obtention d’un soutien financier gouvernemental, notamment l’octroi de subventions ou d’une autre forme d’aide financière pour la mise en oeuvre de programmes de modernisation des installations de l’entreprise ».

L’argent servirait à apporter des « améliorations technologiques » et à acheter de l’équipement. Le montant requis n’est pas spécifié.

Questionnée par Le Devoir, la gestionnaire des communications pour Alcoa Canada, Anne-Catherine Couture, est demeurée avare de détails. « Toute l’information concernant les représentations d’Alcoa auprès du gouvernement est contenue au registre des lobbyistes, a-t-elle répondu par courriel. Alcoa n’a rien à ajouter. »

On sera là pour accompagner [la compagnie] et être un bon partenaire, que ce soit par la voie d’un ministère ou par la voie d’Investissement Québec

Ce nouveau mandat de lobbying s’ajoute à trois autres mandats existants d’Alcoa Canada pour que ses tarifs d’électricité « demeurent concurrentiels dans le contexte mondial des alumineries », pour l’obtention de divers permis environnementaux et pour que la mise en application de nouvelles dispositions législatives sur la conciliation travail-famille ne nuise pas à la compétitivité de l’entreprise.

Aucune nouvelle modification réglementaire concernant les normes du travail n’est prévue, a indiqué le ministre du Travail, Jean Boulet, en entrevue. Toutefois, le gouvernement est ouvert à appuyer financièrement la multinationale.

« S’il y a des investissements à venir, plus tard, on sera là pour les accompagner et être un bon partenaire, que ce soit par la voie d’un ministère ou par la voie d’Investissement Québec, a affirmé M. Boulet. On sera là, attentif, à l’écoute. C’est une compagnie qui est dans un secteur de pointe, un secteur important pour l’économie du Québec. »

Retour au travail

Entre-temps, le ministre compte faciliter le retour au travail des employés d’ABI qui s’échelonnera sur huit mois. Quatre-vingts syndiqués ont pu reprendre leurs fonctions vendredi sur les 900 qui retourneront graduellement au travail.

« On sera présent pour accompagner la compagnie, le syndicat, les travailleurs pour les plans de formation, la mise à niveau de compétences, a énuméré le ministre. On va soutenir la compagnie par une aide technique, financière et professionnelle comme nos programmes le prévoient actuellement. »

Les employés qui ne recommenceront à travailler que dans quelques mois pourraient ainsi être payés durant leur formation.

Le gouvernement a été accusé à plusieurs reprises durant le conflit de travail d’avoir un parti pris envers ABI. Le premier ministre, François Legault, a affirmé plusieurs fois au cours des derniers mois que le syndicat était déraisonnable dans ses négociations avec l’employeur.

Une plainte a d’ailleurs été déposée par le syndicat des Métallos en juin auprès de l’Organisation internationale du travail, une agence de l’ONU.

Le lockout des employés d’ABI est l’un des plus longs conflits de travail contemporains. Il s’est terminé lorsque les 900 membres du syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, ont voté le 2 juillet à 79,8 % pour la plus récente offre patronale.

LE COURRIER DE LA COLLINE

Chaque jeudi, l'équipe du Devoir à Québec résume l'essentiel de la semaine parlementaire. Retrouvez aussi la note de Michel David, notre chroniqueur politique. Inscrivez-vous, c'est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.