Le crucifix a été retiré de l’Assemblée nationale

La croix actuelle, qui était accrochée depuis 37 ans, a laissé une marque de décoloration sur le mur.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La croix actuelle, qui était accrochée depuis 37 ans, a laissé une marque de décoloration sur le mur.

Une page d’histoire s’est tournée à l’Assemblée nationale mardi matin. Un employé a discrètement décroché le crucifix du Salon bleu qui ornait le mur au-dessus du fauteuil du président depuis 1982. Des photos et une vidéo ont ensuite été envoyées aux médias.

Cette croix, sculptée par Romuald Dion, avait remplacé le Jésus de plâtre qu’avait fait installer le premier ministre Maurice Duplessis en 1936. Les deux crucifix seront exposés dans une vitrine muséale qui sera installée dans l’une des alcôves situées entre le Salon bleu et le Salon rouge avec une mise en contexte.

 

Les députés québécois avaient voté à l’unanimité pour le retrait de l’objet sacré en mars, le jour du dépôt du projet de loi sur la laïcité de l’État. Le crucifix devait être retiré uniquement après l’adoption de ce projet de loi qui a eu lieu sous bâillon en juin, lors de la dernière journée de travaux parlementaires avant la relâche estivale.

La croix actuelle, qui était accrochée depuis 37 ans, a laissé une marque de décoloration sur le mur, lorsqu’un employé muni de gants blancs l’a retirée.

Deux crucifix

Ceux qui s’ennuieront de ce crucifix pourront toujours aller se recueillir devant l’alcôve où il sera bientôt placé, plus modestement, sur le parquet, entre le Salon bleu et le Salon rouge, d’ici la fin de l’été.
 

Voyez le crucifix être retiré du Salon bleu



 

On y trouvera en fait les deux crucifix ayant orné le Salon bleu au fil des ans : le premier, dès 1936, à l’initiative du premier ministre Maurice Duplessis, et le second, qui était en place depuis 1982. Une notice explicative fournira l’historique des deux objets religieux litigieux.

Après des années de débats sur le sujet, le ministre Simon Jolin-Barrette a déposé une motion à l’Assemblée nationale visant à retirer le crucifix. Elle a été adoptée à l’unanimité le 28 mars. Cette motion stipulait que le Bureau de l’Assemblée nationale (BAN) recevait le mandat de déplacer le crucifix du Salon bleu pour le mettre en valeur ailleurs, dans l’enceinte du Parlement.


Avec La Presse canadienne

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