Aide aux vols régionaux: le problème des prix subsiste, selon le PQ

Air Canada, qui domine actuellement le marché, pourrait être admissible au nouveau programme, tout comme les plus petites compagnies telles Air Creebec, Air Liaison ou Pascan.
Photo: Michaël Monnier Archives Le Devoir Air Canada, qui domine actuellement le marché, pourrait être admissible au nouveau programme, tout comme les plus petites compagnies telles Air Creebec, Air Liaison ou Pascan.

Le nouveau programme d’aide aux vols régionaux dévoilé vendredi par le gouvernement caquiste ne règle en rien le problème du coût des billets, déplore le Parti québécois.

« Il n’y a rien dans cette mesure pour faire baisser véritablement le prix des billets d’avion », critique le député péquiste des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau. « Ce qu’on souhaitait, c’étaient des mesures pour casser le monopole d’Air Canada », dit-il.

Le PQ réclamait notamment l’établissement d’un prix plancher pour empêcher un groupe dominant de casser les prix lorsqu’un concurrent entre en scène pour ensuite le faire grimper lorsqu’il regagne son monopole. Aux Îles, le prix d’un billet vers Montréal coûte parfois jusqu’à 1200 $, fait remarquer M. Arseneau.

Le programme dévoilé vendredi par le ministre des Transports, François Bonnardel, prévoit 22,5 millions de dollars sur deux ans pour améliorer l’offre des vols vers et à destination des régions du Québec.

Les subventions s’adressent notamment aux entreprises qui proposent de réactiver des dessertes abandonnées, ou encore d’augmenter d’au moins 25 % le nombre de sièges offerts sur un parcours. Elles pourront, par exemple, se faire rembourser une partie du déficit sur les dessertes les moins rentables.

Air Canada, qui domine actuellement le marché, pourrait ainsi y être admissible, tout comme les plus petites compagnies, telles Air Creebec, Air Liaison ou Pascan.

Dans la foulée du plan libéral

L’aide annoncée s’ajoute au Programme de réduction des tarifs aériens, créé par l’ex-gouvernement libéral, qui permet aux résidents des régions éloignées de se faire rembourser jusqu’à 60 % du prix de leurs billets.

Or, selon M. Arseneau, il faudrait aussi faire en sorte que les billets soient plus abordables pour les touristes ou encore les gens d’affaires.

Du côté des autres partis politiques, l’enthousiasme était plus grand vendredi, même si le Parti libéral aurait aimé que le gouvernement lui attribue publiquement la paternité du programme.

« Quand la CAQ met en place un programme qu’on a mis en place mais pas eu le temps de développer, on est contents », a résumé le porte-parole libéral en matière de transports, Gaétan Barrette.

Chez Québec solidaire, la députée Émilise Lessard-Therrien se réjouissait quant à elle qu’on reconnaisse l’importance de cet enjeu pour les régions. La jeune députée basée au Témiscamingue raconte qu’elle a dû payer 775 $ pour un aller simple Rouyn-Noranda-Montréal acheté à la dernière minute.

Les maires ravis

Du côté des élus municipaux, l’heure était à la réjouissance. « C’est un coup de main substantiel », a souligné le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Jacques Demers.

Ce dernier espère notamment que cela profitera à l’aéroport de Sherbrooke, qui n’a pas de vols commerciaux réguliers malgré la taille de sa population. Une situation d’ailleurs qualifiée « d’inacceptable » par le ministre Bonnardel, qui avait justement décidé de faire l’annonce à cet endroit.

« On pourrait par exemple avoir un vol Sherbrooke-Gatineau », a soutenu sur le même sujet le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Drummondville, Alexandre Cusson. L’objectif, dit-il, est de développer des liaisons directes qui permettraient aux voyageurs de toujours passer par Montréal et Québec.