Fin du lockout chez ABI: Legault croit avoir aidé à dénouer l’impasse chez ABI

Le premier ministre François Legault estimait que les quelque 900 travailleurs syndiqués ne devaient pas exiger des conditions qui rendent le coût de la main-d’œuvre québécoise moins concurrentiel. 
Photo: Catherine Legault Le Devoir Le premier ministre François Legault estimait que les quelque 900 travailleurs syndiqués ne devaient pas exiger des conditions qui rendent le coût de la main-d’œuvre québécoise moins concurrentiel. 

Le premier ministre François Legault a balayé du revers de la main mercredi les critiques qui l’accusent d’avoir appuyé la partie patronale dans le conflit de travail à l’Aluminerie de Bécancour (ABI). En lockout depuis presque 18 mois, les 900 syndiqués ont accepté mardi l’offre finale de leur employeur à 79,8 %.

« Ç’a peut-être aidé à ce que le règlement se fasse », a-t-il dit en mêlée de presse avant la rencontre hebdomadaire de son conseil des ministres.

« J’ai écouté les deux parties, j’ai donné mon opinion et les travailleurs ont eu la même opinion que moi », a-t-il ajouté.

Au cours des derniers mois, M. Legault avait affirmé à plusieurs reprises que le syndicat local était déraisonnable dans ses négociations avec l’employeur et l’avait invité à faire des compromis.

79,8%
C’est la proportion des travailleurs d’ABI qui ont accepté, mardi, l’offre finale de leur employeur.

Il estimait que les travailleurs ne devaient pas exiger des conditions qui rendent le coût de la main-d’oeuvre québécoise moins concurrentiel que celui de la main-d’oeuvre américaine en raison du bas prix de l’aluminium.

« Si on exige 92 000 $ avec des fonds de pension payés à 60 % par l’employeur — [ce] qu’on ne retrouve à peu près nulle part —, 10 000 heures de libération syndicale par année, si on exagère sur l’ensemble des demandes, bien, il y a un risque que ces emplois-là, ça va faire peur », avait-il affirmé lors de l’étude des crédits budgétaires en avril.

Ces propos avaient incité le syndicat des métallos à déposer une plainte auprès de l’Organisation internationale du travail (OIT), affiliée à l’ONU.

Le président démissionnaire de la section locale 9700 du syndicat des métallos, Clément Masse, a déploré mardi la pression mise sur les travailleurs par plusieurs acteurs, dont le premier ministre Legault et le ministre du Travail, Jean Boulet.

M. Boulet avait posé un geste sans précédent en avril en présentant une hypothèse de règlement au syndicat et aux dirigeants d’ABI pour dénouer le conflit, sans succès.

J’ai écouté les deux parties, j’ai donné mon opinion et les travailleurs ont eu la même opinion que moi

 

Reprise des activités

En vertu de l’offre qui a été acceptée sous la menace de fermeture de l’usine, l’aluminerie devrait reprendre ses activités le 26 juillet et 85 % des employés syndiqués devraient être de retour au travail d’ici janvier.

Le nouveau contrat de travail d’une durée de six ans prévoit, entre autres, une somme de 8 millions de dollars pour le régime de retraite à prestations déterminées et des augmentations salariales de 15,3 % sur six ans.

« Les syndiqués ont voté à 80 % pour l’entente, s’est réjoui le premier ministre. C’est une bonne nouvelle, une bonne nouvelle pour les travailleurs et puis toute la région. C’est quand même un impact considérable. On parle d’un impact de 500 millions de dollars par année pour la Mauricie et le Centre-du-Québec. »

Plus de 1000 travailleurs étaient touchés par le lockout qui avait débuté le 11 janvier 2018. Ils avaient déjà rejeté deux offres. Une contre-proposition soumise par le syndicat avait été repoussée par l’employeur en avril.