Investissements records pour construire des écoles

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge (à droite), et le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, discutent avec des élèves à la suite de l’annonce d’investissements importants dans les infrastructures scolaires.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge (à droite), et le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, discutent avec des élèves à la suite de l’annonce d’investissements importants dans les infrastructures scolaires.

Pas moins de 128 projets d’agrandissement ou de construction d’école seront lancés dans la prochaine année scolaire pour la somme record de 1,7 milliard de dollars, a annoncé le ministre Jean-François Roberge. Il compte livrer ces chantiers ambitieux malgré le manque de terrains, surtout dans la grande région de Montréal, et malgré la surchauffe qui fait grimper les prix dans l’industrie de la construction.

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) a annoncé ces investissements « historiques » pour répondre à l’important besoin d’espace dans les écoles primaires et secondaires. Le manque de locaux ne fait que commencer : le ministère prévoit que 100 000 élèves s’ajouteront d’ici 10 ans au réseau d’écoles publiques du Québec, dont plus de 40 000 à Montréal.

« On n’a pas le choix d’investir, les précédents gouvernements ont négligé nos écoles. Les budgets n’étaient pas à la hauteur des besoins », a dit le ministre Roberge lors d’une conférence de presse à l’école secondaire de Chambly, dans sa circonscription.

On n’a pas le choix d’investir, les précédents gouvernements ont négligé nos écoles. Les budgets n’étaient pas à la hauteur des besoins

 

Cette école sera agrandie au coût de 10 millions de dollars. Quelque 22 projets d’agrandissement ou de construction totalisant 154 millions ont été confirmés dans les sept commissions scolaires de la Montérégie, sur la Rive-Sud, où l’espace commence à manquer dans les écoles primaires et secondaires.

Les autres régions, dont Montréal, connaîtront les projets d’école qui ont été retenus au cours des prochains jours. Le ministre a indiqué que 39 chantiers prendront place dans les cinq commissions scolaires de l’île de Montréal.

« On a pris acte de la crise à Montréal », a dit Jean-François Roberge.

Au primaire et au préscolaire, 1000 classes pouvant accueillir 23 000 élèves seront aménagées dans tout le Québec. Au secondaire, les ajouts d’espace pourront accueillir 21 500 élèves. Au total, 51 nouvelles écoles seront construites.

Le ministre a dit avoir bon espoir de pouvoir livrer les écoles primaires d’ici deux ans, pour la rentrée de l’automne 2021, et les écoles secondaires à la rentrée scolaire de l’année suivante.

Terrains recherchés

Louise Lortie, présidente de la Commission scolaire de Laval, estime qu’il est réaliste de boucler ces projets dans les temps évoqués par le ministre. Un des défis est la hausse des coûts, pouvant atteindre 25 %, à cause de la surchauffe dans l’industrie de la construction. Les entrepreneurs sont tellement occupés qu’ils sont moins nombreux à soumissionner pour les projets, et les prix augmentent.

Mme Lortie s’inquiète aussi du manque de terrains pour construire des écoles. C’est un gros problème à Laval et dans le reste de la région montréalaise, où les terrains se font rares et valent une fortune.

 
1000
C’est le nombre de classes qui seront ajoutées au primaire et au préscolaire pour accueillir 23 000 enfants.

« On a beau avoir de l’argent pour construire, si on n’a pas d’argent pour des terrains, on ne peut pas construire », dit Louise Lortie.

Le ministre Roberge dit travailler avec sa collègue des Affaires municipales, Andrée Laforest, pour trouver des terrains où construire des écoles. Les municipalités doivent en théorie appuyer les commissions scolaires qui cherchent un terrain pour construire une école, mais la collaboration n’existe pas, dans bien des cas.

La Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, qui a demandé au gouvernement la permission d’exproprier un terrain appartenant à un promoteur immobilier pour construire une école secondaire, risque d’être déçue : « Je n’ai pas travaillé sur un dossier d’expropriation à ce moment-ci. Ce n’est pas là-dessus que je travaille », a répondu le ministre Jean-François Roberge, questionné par Le Devoir à ce sujet.

1 commentaire
  • Yvon Bureau - Abonné 18 juin 2019 08 h 07

    Vivons une utopie ensemble

    Printemps invite!
    Que le budget de l'Éducation soit égal ou supérieur au budget de la Santé.
    Pour ce, nous les VIEux, nous serions des plus généreux et heureux, après y avoir bien pensé.