Le milieu médical ne s’oppose pas à la vaccination par les pharmaciens

<p>La ministre de la Santé, Danielle McCann, doit déposer un projet de loi jeudi pour permettre aux pharmaciens de prescrire des vaccins et de les administrer aux patients âgés de six ans et plus.</p>
Photo: Evan Vucci Associated Press

La ministre de la Santé, Danielle McCann, doit déposer un projet de loi jeudi pour permettre aux pharmaciens de prescrire des vaccins et de les administrer aux patients âgés de six ans et plus.

Les ordres et associations professionnelles du milieu de la santé ne sont pas allergiques à l’élargissement des actes médicaux posés par les pharmaciens.

La ministre de la Santé, Danielle McCann, doit déposer un projet de loi jeudi pour leur permettre de prescrire des vaccins et de les administrer aux patients âgés de six ans et plus.

Une conférence de presse est prévue en après-midi à la Faculté de pharmacie de l’Université Laval. Des représentants de l’Ordre des pharmaciens du Québec et de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) seront présents.

Questionnée par les journalistes mercredi, la ministre n’a pas voulu révéler de détails sur le contenu de son projet de loi. Le Devoir a toutefois pu confirmer que les pharmaciens pourront vacciner gratuitement les personnes admissibles au programme de vaccination contre la grippe, comme celles atteintes de maladies chroniques.

Les vaccins en prévision d’un voyage administrés en pharmacie demeureront payants.

« Vous et moi, on voit probablement plus souvent notre pharmacien que notre médecin », a fait remarquer Mme McCann lors d’une mêlée de presse.

« Il y a un potentiel fort intéressant chez les pharmaciens, a-t-elle ajouté. Il y a plus de 2000 points de service en pharmacie au Québec et les pharmaciens sont disponibles même, des fois, 24 heures par jour, de longues heures et très accessibles, près des domiciles, de la population. Alors, il y a vraiment un gros potentiel et c’est des gens très compétents, formés aussi. »

Ce nouveau projet de loi s’inscrira dans la réforme de l’accès aux soins de santé lancée par le gouvernement Legault, qui donnera davantage d’autonomie aux infirmières praticiennes spécialisées et aux hygiénistes dentaires. « On veut que la population ait le plus possible accès à des services », a expliqué la ministre. Des négociations sur la rémunération des pharmaciens sont déjà en cours.

Bien qu’il soulève quelques questionnements, l’élargissement de la gamme d’actes médicaux posés par les pharmaciens est bien accueilli.

« Actuellement, il y a déjà des infirmières dans les pharmacies qui vaccinent, a indiqué le président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, Luc Mathieu. Alors, qu’est-ce que ça va apporter de plus ? On ne sait pas trop. Tant mieux si ça favorise l’accès. »

Le seul bémol, selon lui, est le fait de permettre aux pharmaciens de prescrire des vaccins, alors que les infirmières ne peuvent toujours pas. « Si les pharmaciens peuvent le faire, je ne vois pas pourquoi les infirmières ne pourraient pas le faire non plus », a-t-il fait valoir.

« C’est sûr qu’on souhaite que le plus grand nombre de personnes soient vaccinées, a indiqué pour sa part le porte-parole de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, Jean-Pierre Dion. Ce qui est important pour nous, c’est que les pharmaciens aient la formation. »

L’AQPP demande que la vaccination soit réellement gratuite, donc qu’il n’y ait pas de franchise et de coassurance à payer pour le patient. « Ce même service-là peut être gratuit ailleurs, comme chez le médecin », a expliqué son conseiller aux affaires publiques, Jean Abel.

L’Ordre des pharmaciens note, pour sa part, que le nombre de personnes vaccinées contre la grippe a augmenté en Ontario et en Nouvelle-Écosse depuis que les pharmaciens peuvent administrer des vaccins dans ces provinces.

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